Fake news : de vieilles images d'émeutes à Paris détournées
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Une vidéo, qui montrerait les rues de Paris en ébullition à la suite d'une récente émeute, a gagné en popularité sur Internet.Des messages sur X indiquent que le clip montre des scènes de la capitale française ces derniers jours, et demandent pourquoi les médias ne semblent pas en parler.Un autre message compare les scènes à des frappes de missiles au Moyen-Orient, alors que la guerre contre l'Iran se poursuit, avant de rejeter la responsabilité sur le président français Emmanuel Macron.Ces messages ont été vus des centaines de milliers de fois, certains ont même dépassé le million de vues, et ont été aimés et partagés des milliers de fois.Ils ont même été repris par des organes d'information marginaux, comme le site grec Pellain, qui a publié un article basé sur l'un des posts X les plus viraux, avec le titre "Ce n'est pas Beyrouth ou Téhéran. C'est la France de Macron". (Αυτή δεν είναι η Βηρυτός ή η Τεχεράνη. Αυτή είναι η Γαλλία του Μακρόν.)Cependant, ces messages sont trompeurs car ils ont été sortis de leur contexte. S'ils montrent effectivement les rues de Paris à la suite d'une manifestation violente, ils ne sont pas récents et remontent en fait à décembre 2022.Une recherche d'image inversée d'un extrait de la vidéo nous renvoie à de nombreux articles de presse de l'époque, expliquant que les images montrent des manifestations à Paris au lendemain d'une fusillade meurtrière qui a visé la communauté kurde.Trois personnes ont été tuées et d'autres blessées lors d'une attaque que les autorités françaises considèrent comme un crime de haine à motivation raciale.William Malet a avoué les meurtres, déclarant qu'il avait une "haine pathologique" des étrangers, et reste en garde à vue pendant que l'affaire suit son cours dans le système judiciaire français.Les médias français ont rapporté en juillet 2025 que les juges d'instruction avaient renvoyé l'affaire devant les tribunaux pénaux pour des accusations de racisme et non de terrorisme.Les manifestations qui ont suivi la fusillade ont dégénéré après que le gouvernement français a écarté le terrorisme comme motif possible des meurtres, certains accusant l'État turc d'être impliqué. La Turquie dément ces accusations.Les manifestants ont renversé des voitures, allumé des incendies et ont violemment confronté la police anti-émeute, ce qui a entraîné plusieurs arrestations et fait des blessés de part et d'autre.Le moment choisi pour la fusillade est particulièrement sensible, car il précède de peu le dixième anniversaire du meurtre de trois autres militantes kurdes à Paris en 2013.Dans cette affaire, trois militantes avaient été assassinées dans le 10e arrondissement de la capitale. Le principal suspect est décédé en 2017, ce qui a incité les autorités à clore leur enquête sur cette affaire.Les familles des victimes ont déposé une nouvelle plainte, et une nouvelle enquête portant sur la possible implication d'agents turcs a été lancée en 2019. Néanmoins, le crime n'a toujours pas été élucidé.French Response, l'organe de lutte contre la désinformation du ministère français des Affaires étrangères, a également confirmé que la vidéo qui circule actuellement date de 2022 et non de 2026, et a dénoncé sa circulation actuelle sur les médias sociaux comme étant un "cadrage" plutôt qu'une "preuve" dans une réponse à un message désormais supprimé partageant le clip.





