Violences après la victoire du PSG: la droite dénonce des scènes de chaos, le reste de la classe politique mutique
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Violences après la victoire du PSG: la droite dénonce des scènes de chaos, le reste de la classe politique mutique Par Marie-Cécile Renault Le 31 mai 2026 à 13h49 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Suivre Sujets Marine Le Pen françois-xavier bellamy PSG émeutes Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Laurent Nunez a annoncé dimanche que 780 personnes avaient été interpellées en France lors des festivités consécutives à la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions, en hausse de 32% par rapport à 2025. Abdul Saboor / REUTERS Si de Marine Le Pen à François-Xavier Bellamy la condamnation des exactions de la nuit est claire et sans appel, la gauche observe un silence embarrassé dans la crainte de toute stigmatisation. Les Français, eux, sont consternés. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Magasins pillés, mobilier urbain saccagé, policiers blessés... Après une nuit où le bruit des tirs de mortier n’a cessé de résonner et la violence s’est déchaînée dans les rues malgré un dispositif de sécurité exceptionnel, non seulement à Paris mais dans de nombreuses villes de province, les Français découvrent avec consternation les dégâts qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des Champions. Des images qui ont fait le tour du monde. À l’étranger Elon Musk s’est fendu d’un tweet laconique mais sévère: «Problems in Paris» (Problèmes à Paris), accompagné d’une vidéo de guerilla urbaine et d’incendie de vélibs. En France, les réactions politiques sont partagées: alors que la droite a condamné immédiatement et sans appel ces dégradations et scènes de chaos, le reste de la classe politique restait mutique dimanche. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro Politique avec Yves Thréard «Il n’y a qu’en France où la victoire d’un club de foot provoque des émeutes. Il n’y a qu’en France où chacun se sent obligé de s’enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d’être confronté à des violences», a déploré Marine Le Pen, chef de file des députés Rassemblement National (RN) à l’Assemblée. «Les Français n’en peuvent plus de ces scènes de chaos qui se multiplient au moindre prétexte, et ce, malgré un dispositif de sécurité hors-norme», a-t-elle ajouté, en réaffirmant son soutien aux policiers, gendarmes, pompiers, et tous ceux qui étaient mobilisés samedi soir pour assurer la sécurité des Français. Sans surprise, Jordan Bardella, président du parti, était sur la même longueur d’onde: «Des bandes s’en prennent aux biens publics, aux commerces et aux forces de l’ordre. Le mode opératoire est toujours le même: caillasser, détruire, piller», a-t-il condamné, apportant lui aussi son soutien aux forces de l’ordre et dénonçant «une violence d’atmosphère devenue insupportable». Invité jeudi soir de l’émission Le Grand Entretien de LCI, le président du RN qui fait la course en tête (34% des intentions de vote) dans les sondages pour l’élection présidentielle, avait distingué deux types d’hommes politiques : « ceux qui sont angoissés profondément en pensant à ce que devient la France, et ceux qui somnolent, grenouillent dans les couloirs du pouvoir, et considèrent que tout va bien», se rangeant lui-même dans la première catégorie. À lire aussi Présidentielle 2027 : match serré Attal-Philippe loin derrière Bardella, Mélenchon en embuscade... Découvrez le sondage du Figaro Passer la publicité Publicité Plus qu’un simple débordement, François-Xavier Bellamy y voit un véritable projet politique. «Ceci n’est pas une fête. Ce n’est même pas un « débordement». C’est un projet : une minorité a décidé de pirater toute occasion légitime de joie collective pour démontrer sa capacité à s’imposer et à détruire», analyse l’eurodéputée Les Républicains (LR). «Tant que l’autorité de l’État ne sera pas rétablie, les Français seront privés de ces grandes liesses populaires qui ont tant compté dans la vie du pays…» regrette l’élu, à la manœuvre au Parlement européen pour durcir la politique migratoire de l’Union, avec l’adoption du règlement retour. Lui aussi apporte son soutien aux policiers et gendarmes, «une fois de plus en première ligne face à cette violence aveugle et stupide». Sa collègue au parlement européen, l’élue Reconquête Sarah Knafo, a, elle, choisi le ton de l’ironie pour dénoncer ces exactions: «Paris et la France à feu et à sang pour la victoire du PSG. Encore la faute des familles anglaises de Gérald Darmanin ? Du sport ? De la pauvreté ? De CNews ? Pendant que d’autres cherchent des excuses, nous appliquerons les solutions», a-t-elle posté sur X (ex-Twitter). En mai 2022, lors d’incidents au Stade de France, déjà pour la finale de Ligue des champions, Gérald Darmanin alors ministre de l’Intérieur avait rejeté la faute sur les supporters anglais, avant de reconnaître une erreur. À lire aussi «Il y a eu beaucoup de Kevin et Mattéo» : Gérald Darmanin refuse «l'explication seulement identitaire» des émeutes urbaines Tirant les conséquences directes de la nuit, alors que les Champs-Elysées ont été le théâtre de débordements, Catherine Lécuyer, maire LR du 8e arrondissement de Paris, réclame quant à elle l’interdiction de rassemblement sur la célèbre avenue. «Puisqu’il est impossible de célébrer un match sans basculer dans l’émeute, la seule réponse de bon sens est une nouvelle doctrine: le zéro rassemblement», défend-elle. «On ne gère plus les débordements, on les subit. La stratégie préventive a atteint ses limites. Le concept de +zéro casse+ ne tient plus contre la violence de bandes organisées qui ne prennent même plus la peine de se maquiller en supporters», poursuit la mairie du 8e. Interrogé lors d’un point presse, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a jugé que c’était «une fausse bonne idée» qui ne sera «pas appliquée». Le président de la République, qui recevra les joueurs du PSG dimanche en fin d’après-midi à l’Élysée, a simplement adressé un tweet de félicitations aux footballeurs, sans un mot sur les événements de la nuit. «Une nouvelle étoile brille sur Paris ! Bravo au PSG qui fait rêver toute l’Europe. La France est fière» a tweeté Emmanuel Macron. Et ce, alors même que son ministre de l’intérieur Laurent Nunez a annoncé 780 interpellations sur l’ensemble du territoire, un chiffre en hausse de 32% par rapport à l’an dernier pour le même événement. Le ministre de l’Intérieur a ajouté que «57 fonctionnaires de police et de gendarmerie ont été blessés» dans la nuit, portant le total de blessés à 219 personnes en France, dont 8 grièvement. Interrogé sur BFM TV, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères a réagi, estimant que «Marine Le Pen dénigre systématiquement notre pays», préférant voir dans la victoire du PSG «une grande victoire française» et rappeler que les Jeux Olympiques de Paris à l’été 2024 s’étaient «magnifiquement passés». À lire aussi De la « nouvelle France » de Mélenchon à la « fierté française » de Glucksmann… Comment l’identité nationale clive la gauche En revanche, à gauche très peu de réactions, et encore moins de condamnations. Dans la soirée, le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, postait des photos de lui-même au Parc des Princes, avec 500 jeunes des clubs invités par le PSG. «Ensemble, vivons l’histoire du football et de Paris qui s’écrit», s’enthousiasmait le successeur d’Anne Hidalgo. Ce qui lui a valu des reproches sur les réseaux sociaux, quand la situation a dégénéré dans la soirée, de ne pas avoir été présent dans les rues aux côtés du préfet de Paris. Et ce même si l’ordre et la sécurité dans la capitale sont bien du ressort de la préfecture de police. Passer la publicité Publicité Interrogé lors du Grand Jury RTL - Le Figaro - Public Sénat – M6, le patron de Place publique, Raphaël Glucksmann, aspirant candidat à la présidentielle qui vient de sortir un livre dans lequel il propose un «contrat patriotique» aux Français, a dénoncé « la minorité de casseurs qui viennent polluer la fête». De son côté, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI) a rejeté la faute sur l’organisation. «Il faut organiser autrement ces soirées en mettant en place des lieux pour se rassembler comme des fan zones», a-t-il déclaré sur le plateau de France 3. «Mais il ne faut pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des supporters qui étaient des dizaines de milliers dans la rue et dont la quasi-totalité a simplement fait la fête». Question d’appréciation. Face à la multiplication de ces violences urbaines et gratuites «certains verront une soupape nécessaire à l’expression d’une énergie juvénile qu’il a toujours été difficile de canaliser, d’autres une extension progressive du domaine de l’émeute et de la loi des bandes face à un État, qui peine, voire rechigne, à exercer son monopole de la violence physique légitime», analyse dans Le Figaro le politologue Jérôme Fourquet.

