«Une guerre aussi impitoyable qu’insensée», le cinéaste en exil Andreï Zviaguintsev répond au porte-parole du Kremlin
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«Une guerre aussi impitoyable qu’insensée», le cinéaste en exil Andreï Zviaguintsev répond au porte-parole du Kremlin Par Le Figaro avec AFP Le 28 mai 2026 à 18h19 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets guerre Russie-Ukraine Kremlin cinéma Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Andreï Zviaguintsev a été primé samedi soir à Cannes pour Minotaure, drame de la bourgeoisie russe sur fond de guerre en Ukraine. VALERY HACHE / AFP Un représentant de la présidence russe a estimé que le cinéaste n’avait pas son «mot à dire» sur l’invasion en Ukraine, qu’il a vivement critiquée. Son film, Minotaure, a reçu le grand prix à Cannes. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Le cinéaste russe en exil Andreï Zviaguintsev, qui avait appelé à la fin du «carnage» en Ukraine en recevant le grand prix du Festival de Cannes, a livré une nouvelle charge contre le pouvoir russe en l'accusant de répandre «le chagrin et les larmes». À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour Primé samedi soir à Cannes pour Minotaure, drame de la bourgeoisie russe sur fond de guerre en Ukraine, le réalisateur exilé en France avait exhorté le président russe Vladimir Poutine à «mettre fin à cette boucherie» et au «carnage», s'attirant la réponse courroucée de Moscou. Passer la publicité Publicité Le porte-parole du Kremlin a ainsi reproché lundi au cinéaste de n'avoir jamais «condamné le massacre sanglant» qui aurait été perpétré à partir de 2014 par l'Ukraine dans la région du Donbass, théâtre d'une révolte de séparatistes pro-russes pilotée par Moscou. Ce conflit a constitué l'amorce de l'invasion russe à grande échelle de février 2022. «S'il l'avait fait à l'époque, il aurait sans doute eu son mot à dire. Mais il n'a plus ce droit», a estimé Dmitri Peskov. Regarder la vidéo Cannes 2026 : le Kremlin rejette l'appel à la paix du réalisateur russe de «Minotaure» «Le chagrin et les larmes» Dans un communiqué transmis jeudi à l'AFP par la production du film, Andreï Zviaguintsev lui a à son tour répondu sèchement. «Oui, c'est très juste : je n'ai pas voix au chapitre de même que ne l'ont pas non plus une centaine de millions de citoyens russes. Parce que vous n'avez jamais entendu leurs voix», écrit-il dans ce message traduit en français. Selon le réalisateur de 62 ans, la seule réponse «juste et rationnelle» des autorités russes devrait être «de mettre fin à cette guerre aussi impitoyable qu'insensée», sans quoi «rien de bon ne pointe à l'horizon». «Rien hormis le chagrin et les larmes ; hormis la déconvenue et une dépressive apathie ; hormis les membres arrachés de vos concitoyens au nom d'un but illusoire ; hormis le massacre de jeunes gens dont le pays a besoin pour construire la vie et l'avenir», énumère le cinéaste. À lire aussi Cannes 2026 : Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev, grand prix Tourné en Lettonie, Minotaure retrace la dérive morale d'un chef d'entreprise russe trompé par sa femme et s'arrangeant avec les appels à la conscription pour aller combattre sur le front ukrainien. À Cannes, Andreï Zviaguintsev avait déclaré à l'AFP douter de voir son film un jour projeté dans son pays en raison de son propos antiguerre.

