Tupac Shakur : le rappeur a été tué à cause d'une «vengeance» de gang, selon l'accusation Par Le Figaro avec AFP Publié le 17/08/2026 à 21h25 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Tupac Shakur Gang procès Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 3 min 37 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Duane Davis devant le tribunal lors des plaidoiries d’ouverture de son procès pour le meurtre du rappeur Tupac Shakur en 1996, au tribunal de district du comté de Clark au Regional Justice Center à Las Vegas. Steve Marcus / REUTERS Trente ans après la mort jamais élucidée de la légende du rap, le procès de Duane «Keffe D» Davis, ex-figure des South Side Compton Crips - un gang d’un quartier sensible de Los Angeles - est entré dans le vif du sujet, après une semaine passée à sélectionner les jurés. Passer la publicité Passer la publicité Publicité L'ancien membre de gang accusé d'avoir orchestré le meurtre de Tupac Shakur a agi par «vengeance», car il nourrissait une «colère viscérale» à l'encontre du rappeur pour avoir humilié son neveu, et a tout avoué lui-même, a soutenu lundi l'accusation. Trente ans après la mort jamais élucidée de la légende du rap, le procès de Duane «Keffe D» Davis, ex-figure des South Side Compton Crips - un gang d'un quartier sensible de Los Angeles - est entré dans le vif du sujet, après une semaine passée à sélectionner les jurés. «Soyons clairs: Duane Davis n'a pas appuyé sur la gâchette, mais ce qu'il a fait, c'est planifier la riposte au passage à tabac de son neveu», a résumé le procureur Binu Palal devant le tribunal de Las Vegas. Âgé de 63 ans, l'ex-trafiquant de drogue plaide non coupable et risque la perpétuité incompressible. Nimbé de mystère, le crime compte parmi les «cold cases» les plus célèbres des États-Unis. La nuit du 7 septembre 1996, des tirs provenant d'une Cadillac blanche ont blessé Tupac à Las Vegas, après qu'il a assisté à un combat de boxe de Mike Tyson. Le rappeur est mort six jours plus tard à l'âge de 25 ans. Passer la publicité Publicité Selon l'accusation, il s'agissait d'une rétribution car Tupac avait humilié le neveu de Duane Davis lors d'une bagarre quelques heures plus tôt. Trente ans après les faits, le procureur Palal a replongé les jurés dans les rivalités féroces entre les scènes de rap des côtes Ouest et Est des Etats-Unis pendant les années 90, mêlant musique et gangs. Avec ses tubes «California Love» et «All Eyez on Me», Tupac Shakur incarnait alors le mauvais garçon un brin poétique de la «West Coast». Il était produit par Death Row Records, un label dirigé par Marion «Suge» Knight, qui recourait à Mob Piru, un gang de Los Angeles dont il était membre, pour assurer la protection des artistes. «De quels faits disposent-ils après 30 ans ?» En face, le label new-yorkais Bad Boy Records, fondé par Sean «P. Diddy» Combs, engageait lors de ses déplacements dans l'Ouest un gang rival, les South Side Compton Crips, pour assurer la protection de ses rappeurs comme «The Notorious B.I.G.» - tué six mois après la mort de Tupac Shakur. Ces tensions ont viré au drame après le combat de Mike Tyson à Las Vegas au casino MGM Grand. Suge et Tupac y ont agressé le neveu de Duane Davis, Orlando «Baby Lane» Anderson, car il avait participé à une rixe au cours de laquelle un membre de Mob Piru s'était fait arracher son médaillon du label Death Row. «Duane Davis savait que, dans son monde, cela appelait une réponse», a avancé M. Palal. Et «au fil des années, (...) Duane Davis nous a décrit encore et encore la colère qu'il a ressentie et son propre rôle dans la fusillade de vengeance visant Tupac Shakur», a insisté le procureur. Dès 2008, Duane Davis a admis devant la police qu'il se trouvait dans la Cadillac blanche d'où les coups de feu ont été tirés. Mais ses confidences intervenaient dans le cadre d'un accord prévoyant une immunité partielle, qui empêchait d'utiliser ses déclarations contre lui. Avec les années, les passagers de la fameuse Cadillac sont morts. L'ex-membre de gang a alors commencé à s'épancher dans les médias, puis a publié des mémoires compromettants en 2019. Il y raconte qu'il se trouvait sur le siège passager du véhicule, et a fait passer le pistolet aux passagers de la banquette arrière, sans révéler l'identité du tireur. «Les voir agresser mon neveu nous a donné le feu vert ultime pour leur faire quelque chose», y écrit-il, dans un passage cité lundi par le procureur. Mais Duane Davis assure désormais que son livre a été romancé par son co-auteur, et qu'il se trouvait à Los Angeles le soir du meurtre. Lundi, son avocat Michael Sanft a insisté sur les faiblesses de l'enquête - la Cadillac n'a jamais été retrouvée, tout comme l'arme du crime - et assuré que l'accusation repose sur une «fiction», plutôt que sur des faits vérifiables. «Posez-vous cette question», a-t-il lancé aux jurés. «De quels faits disposent-ils après 30 ans ?»
المصدر: Le Figaro
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