Sœurs jumelle tuées, suspect décédé et zones d’ombre : ce que l’on sait du double féminicide dans la Vienne
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Sœurs jumelle tuées, suspect décédé et zones d’ombre : ce que l’on sait du double féminicide dans la Vienne Par Ambre Lepoivre avec AFP Le 13 avril 2026 à 13h45 Sujets Meurtre enquête Lire dans l’app Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Deux femmes ont été tuées dimanche 12 avril à Montmorillon. THOMAS SAMSON / AFP Deux sexagénaires ont été tuées dimanche par l’ex-compagnon de l’une d’elles. Retranché pendant plusieurs heures chez lui avant l’assaut du GIGN, l’homme s’est finalement tiré dessus, emportant avec lui les clés du drame. Passer la publicité Passer la publicité Publicité La commune viennoise de Montmorillon, à une heure de Poitiers, est encore sonnée par le drame qu’elle a abrité. Dimanche après-midi, deux habitantes de cette ville de 7000 âmes, des sœurs jumelles sexagénaires, ont été retrouvées mortes à l’extérieur d’une propriété de la rue de la Duchênerie, a révélé La Nouvelle République. Le principal suspect du crime, ex-compagnon de l’une des victimes, est décédé à son tour quelques heures plus tard, complexifiant les investigations à venir pour comprendre le mobile du double meurtre. Scène sanglante devant la maison L’alerte a été donnée par des voisins des deux sœurs témoins de la scène sanglante. Leurs corps gisaient à l’extérieur de la maison, l’une d’elles était allongée à côté d’une voiture dans l’allée menant à l’habitation, l’autre était écroulée devant la porte d’entrée, a fait savoir la procureure de la République de Poitiers, Rachel Bray. Le suspect, lui aussi âgé d’une soixantaine d’années et résidant dans la même rue a été aperçu quittant les lieux du crime, tâché de sang et avec «une arme à la main», toujours selon la magistrate. À lire aussi Double féminicide au Portugal : en 2022, la première cavale de Cédric Prizzon, un homme «névrotique» et «manipulateur» Passer la publicité Publicité L’homme est allé se terrer chez lui durant de longues heures, obligeant les forces de l’ordre à boucler un large périmètre autour. Une centaine de gendarmes, dont le GIGN de Tours et le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de la Vienne, ont dû intervenir pour parvenir à extraire le forcené. Son interpellation a finalement été rendue possible grâce à un drone et à l’intervention d’une unité d’élite de la gendarmerie. Quand les autorités l’ont découvert, l’homme était grièvement blessé à la poitrine, probablement après un coup de feu tiré avec son arme. Il a été héliporté au CHU de Poitiers avec un pronostic vital engagé et est mort dans la soirée de dimanche. La mort du suspect et les nombreuses zones d’ombre Le principal suspect est donc décédé en emportant avec lui les raisons qui l’ont poussé à commettre l’irréparable sur son ex-compagne et la jumelle de cette dernière. Il reviendra à l’enquête d’établir les circonstances et le déroulé des faits. Un différend opposait-il le suspect à son ex-compagne ? Avait-il prémédité son geste ou s’agit-il d’une dispute qui a mal tourné ? La sœur jumelle était-elle aussi visée ou est-elle une victime collatérale ? Pour l’heure, l’affaire compte plus de questions que de réponses. Les auditions de leur entourage devraient permettre d’entrevoir un début d’explication. Les victimes étaient «bien connues» des habitants de Montmorillon où elles vivaient avec leurs familles depuis de longues années, a commenté auprès de l’AFP le maire de la commune, Jean-Luc Souchaud. D’une voix triste, il a évoqué un «acte gratuit» et un moment «très difficile» pour les familles des victimes. L’édile a en revanche indiqué ne pas connaître le mis en cause. Ce double féminicide intervient quelques semaines après une autre affaire dans laquelle deux femmes ont été tuées. Fin mars, les corps de deux disparues en Aveyron ont été retrouvés enterrés dans un lieu isolé au Portugal, après cinq jours de recherches et l’arrestation d’un ex-policier, Cédric Prizzon, ancien conjoint de l’une et compagnon de l’autre, soupçonné de les avoir enlevées et séquestrées. 117 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données en date de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).





