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Sexualité : Entre émancipation et influence du porno, les jeunes ont de plus en plus de pratiques « extrêmes »

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20 Minutes
2026/06/17 - 04:02 503 مشاهدة
تحليل ذكي | AI Editorial Analysis
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Parmi les Françaises interrogées, 61 % de celles âgées de 20 à 29 ans ont déclaré s’être déjà fait gifler, fesser, griffer, mordre ou tirer les cheveux par un ou une partenaire. Des pratiques « hard » qui vont même plus loin : 37 % des jeunes femmes de moins de 35 ans disent avoir déjà été étranglées ou bâillonnées. Daria Sobocinska, sociologue, prend d’emblée des pincettes avec ces chiffres. « Selon les études, les formulations, le public interrogé, les résultats peuvent aller de quelques pourcents à 50 % de la population. » La chercheuse émet également quelques réserves sur la notion de pratiques « extrêmes » ou « violentes ». « Dans les années 1950, une vaste enquête nationale sur la sexualité des Américains a été réalisée par des sociologues et montrait une pratique très répandue de la fellation. A l’époque, cela a créé un énorme scandale car elle était vue comme une pratique prostitutionnelle, un rabaissement de la femme. Aujourd’hui, cet acte s’est totalement normalisé. » Le regard social porté sur les pratiques est effectivement important. « Nous ne savons pas si les personnes ont une sexualité plus extrême qu’avant ou si elles en parlent davantage », se questionne Gwen Ecalle. Mais la sexologue l’assure : le répertoire BDSM ne se cantonne plus aux communautés minoritaires. « De nombreuses productions culturelles, telles que Cinquante Nuances de Grey ou l’essor de la dark romance chez les adolescentes, érotisent les rapports de domination. » Daria Sobocinska constate un adoucissement de l’esthétique BDSM qui s’explique notamment par un « enjeu capitalistique ». « De nombreux sex-shops fleurissent dans les centres-villes et vendent de jolies menottes colorées et des martinets en cuir recyclé. » Les pratiques « hard » apparaissent alors dans le répertoire des possibles. Mais le milieu BDSM comporte un cadre précis permettant de sécuriser les participants. Questionnaire sur les pratiques autorisées, « safeword » permettant d’arrêter l’acte à tout moment, « after care » pour prendre soin l’un de l’autre à la fin… Le protocole est codifié et essayer d’attacher ou d’étrangler son ou sa partenaire de manière non sécurisée n’a pas les mêmes conséquences. « Des jeunes femmes m’expliquent avoir voulu tester certaines pratiques sans avoir conscience de ce que cela impliquait. N’osant pas affirmer leurs besoins, elles ont pu ressentir un traumatisme », constate la sexologue Gwen Ecalle. Parmi les jeunes que Daria Sobocinska a interrogés dans ses enquêtes, nombreux sont ceux souhaitant sortir d’une sexualité « à papa maman » qui ne leur convient pas. « Avec MeToo qui nous a collectivement poussés à réfléchir à notre sexualité, nous sommes passés à une logique de "sexualité pour soi" qui doit répondre à un enjeu de plaisir et de développement intellectuel et personnel. » Pour se réapproprier leur corps et leur sexualité, les jeunes vont chercher de nouvelles manières de faire en se référant aux productions culturelles existantes ou en s’informant sur Internet, notamment sur des comptes Instagram sexo. « Plein de jeunes hommes veulent bien faire mais ils pensent que pour bien faire il faut reproduire les schémas de la pornographie mainstream », déplore Gwen Ecalle. Un constat partagé par la sexologue Maylis Castet. « J’ai récemment reçu un jeune homme de 21 ans qui reproduisait sur sa partenaire ce qu’il voyait dans le porno mais qui n’en tirait aucun plaisir et se sentait sale. En invitant sa petite amie à la consultation suivante, j’ai compris qu’elle-même lui demandait de l’étrangler uniquement parce qu’elle pensait "qu’il fallait le faire". On se retrouve dans une situation absurde où personne n’a envie de faire ce qu’il fait. » Si le porno n’est pas un problème en soi, l’hyperaccessibilité du porno gratuit mainstream l’est selon Gwen Ecalle. « Pour faire du clic, le système pousse des contenus de plus en plus extrêmes et cela peut être le début d’un engrenage. Les personnes vont avoir envie de s’inspirer de ces pratiques et, au fur et à mesure, elles peuvent penser que si elles avaient une sexualité plus douce, elles s’ennuieraient. » Gwen Ecalle reçoit parfois des femmes qui se jugent « trop coincées ». « Il peut y avoir une forme d’injonction à paraître libérée, à tout tester ou à cumuler les partenaires. Les femmes pour qui ce n’est pas leur truc vont moins oser dire non. » Résultat : par peur de paraître dépassées, ces femmes n’osent plus dire non à des pratiques qui ne leur font pas envie. La sexologue Maylis Castet reçoit parfois des jeunes femmes embêtées par leur attirance pour des pratiques qu’elles jugent « violentes ». « Elles ne font qu’érotiser ce qu’on leur a raconté qui devait être désirable. » La thérapeute y voit une forme de « dissociation ». « Tout notre travail est de savoir si ça leur correspond et si elles aiment vraiment ça », rappelle Gwen Ecalle. Si vous voulez témoigner sur vos pratiques sexuelles, vous pouvez nous envoyer un mail à [email protected]. *Étude Ifop pour JOYclub, première communauté sexpositive d’Europe, réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 6 au 9 mars 2026 auprès d’un échantillon de 2.210 personnes, représentatif de la population française vivant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM
المصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes

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