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Sabrina Sebaihi à TSA : “Ce que j’ai dit à Macron sur l’Algérie…”

تكنولوجيا
Tout Sur l Algérie
2026/05/05 - 17:11 503 مشاهدة

La député écologiste française Sabrina Sebaihi a échangé avec Emmanuel Macron sur la relation entre la France et l’Algérie.

C’était sur le vol de retour de Corée du Sud où la parlementaire d’origine algérienne a accompagné le président français en sa qualité de présidente du groupe d’amitié France-Corée à l’Assemblée nationale.

C’est Emmanuel Macron qui a sollicité son avis sur “ce qu’il faut faire avec l’Algérie”, révèle-t-elle dans cet entretien accordé à TSA. La députée des Hauts-de-Seine raconte dans le détail ce qu’elle a proposé de faire pour tourner la page de la crise. 

Vous avez échangé avec le président Emmanuel Macron sur la crise avec l’Algérie. Peut-on savoir ce que vous vous êtes dit ? 

 

Au retour de Corée du Sud, dans l’avion, on a eu l’occasion d’échanger avec le président. De lui-même, il s’est tourné vers moi et il m’a dit : qu’est-ce qu’on fait pour l’Algérie ?

 

Il m’a dit clairement qu’il souhaitait finir son mandat sur une réconciliation avec l’Algérie, qu’il ne souhaitait pas terminer son mandat en étant fâché avec l’Algérie. Donc, on a échangé sur plein de sujets, comme la question mémorielle. 

Je ne sais pas à quel degré de sincérité il est, mais j’avais quand même le sentiment qu’en 2017, quand il a parlé de la colonisation comme un crime contre l’humanité, il le pensait sincèrement. Peut-être qu’il en fait vraiment une affaire personnelle, qu’il ne veut pas être sur un échec et qu’il aimerait bien travailler à cette réconciliation.

Il y a une vision très déformée qui estime que l’Algérie a des exigences surdimensionnées. J’ai expliqué au président que ce n’étais pas du tout ça. Je lui ai dit qu’il y a des choses très simples.

On a voté par exemple une résolution sur les massacres du 17 octobre 1961 et jusqu’à présent, ce n’est pas inscrit dans l’agenda officiel des commémorations.

Je lui ai dit que sur la restitution de certains biens, comme les effets de l’Emir Abdelkader, il faut une solution pour pouvoir rendre ces biens comme on l’a fait pour d’autres pays.

Sur les essais nucléaires, j’ai dit qu’il faut maintenant travailler à la décontamination des sites où il y a encore des conséquences sur le niveau de la santé et ça, ce n’est pas une demande extraordinaire que fait l’Algérie.

Je lui ai dit aussi qu’il pouvait s’appuyer sur la diplomatie parlementaire. On est quelques parlementaires avec le sénateur Akli Mellouli, avec lequel je travaille beaucoup, à être toujours en lien avec nos collègues à l’Assemblée nationale algérienne.

Ils peuvent s’appuyer sur nous pour continuer ce débat dans le respect mutuel de ces deux pays qui sont des nations souveraines.

C’était un échange très cordial et il était vraiment attentif à ce que je disais. 

 

Mais entre l’Algérie et la France, il n’y a pas que la question mémorielle…

 

Tout à fait. Ce que j’ai appelé aussi, c’est que par ailleurs on avait des accords économiques très importants et qu’il y a des chefs d’entreprises français qui souffrent de la situation. 

En fait, il y a un intérêt pour les deux pays à travailler sur le volet économique. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le président de l’Assemblée populaire nationale à Alger, on a évoqué plein de sujets, les questions de sécurité par exemple.

Le Sahel, ce n’est pas un petit sujet pour l’Algérie mais aussi pour la France et l’Europe. Il y a aussi le climat, l’environnement. On la Méditerranée qui est entre nos deux pays.  Il y a énormément d’enjeux climatiques et environnementaux…

En tout cas, j’ai dit au président Macron qu’il faut arrêter de voir la question algérienne sous le prisme migratoire, avec les OQTF qui ont occupé tout l’espace médiatique alors que nous avons une diversité de partenariats avec l’Algérie. 

 

L’Algérie est devenue l’obsession d’une partie de la classe politique française. Vous avez aussi évoqué cet aspect ? 

Je l’ai dit au président et je l’ai aussi dit à son conseiller diplomatique :  l’Algérie s’est invitée malgré elle dans la campagne présidentielle pour 2027.

On voit bien qu’il y a une partie de la classe politique française qui utilise l’Algérie comme un levier électoral pour cette campagne et que les binationaux, les personnes d’origine algérienne, ceux qui ont un lien avec l’Algérie, ne supportent plus d’entendre parler de l’Algérie matin, midi et soir.

Personne ne se reconnaît dans les discours tenus sur les plateaux de télévision. Il y a un ras-le-bol et il y a une fracture qui risque de se créer dans ce pays sur cette question identitaire, mais qui est aussi une spécificité algérienne.

Parce qu’en ce moment, on parle beaucoup de l’immigration mais surtout de l’Algérie. Le rôle des hommes et des femmes politiques, c’est justement d’éviter qu’il y ait une facture dans notre pays. Et là, je vois Bruno Retailleau, Sarah Knafo, ils repassent tous en boucle sur la question de l’Algérie.

 

Quelle a été la réaction du président Macron à vos propositions ?

 

Il a été très attentif. Il a demandé des propositions, comment on peut travailler. Il était preneur. On devait organiser un temps d’échange.

Pour tout vous dire, j’ai sollicité un rendez-vous sur cette question avec sa conseillère Afrique du Nord et son conseiller diplomatique.

J’attends le rendez-vous parce que, justement, l’idée c’est de poursuivre cet échange pour pouvoir aller à des propositions très concrètes. En tout cas, il avait l’air très intéressé sur les propositions de sortie de crise. 

 

Où en sont les efforts de sortie de crise depuis la visite de Laurent Nunez en Algérie ? 

 

Je pense que vous avez vu ce qui s’est dit avec la reprise de la coopération au niveau sécuritaire et migratoire.

Vous avez vu aussi que le ministre de l’Intérieur a fait des annonces en ce qui concerne les préfectures. Parce qu’il y a aussi le sujet du traitement réservé à la diaspora algérienne en France avec le renouvellement des titres de séjour. Il y a eu l’annonce d’un renfort de 500 personnes sur les préfectures. Je peux vous dire que c’est une réalité.

A la préfecture des Hauts-de-Seine, il y a 30 personnes qui sont arrivées en renfort hier (lundi). Donc, c’est un effectif et ça va permettre d’avoir plus de respect et un meilleur traitement de la diaspora.

Moi, je suis à Nanterre et je peux vous dire qu’il y a beaucoup d’Algériens et ça ne se passait pas bien du tout en préfecture, les délais étaient inadmissibles.

Je pourrais vous en dire un petit peu plus lorsque j’aurais revu le conseiller du président Macron pour voir sur quelles mesures ils sont prêts à aller.

J’ai déposé une proposition de loi sur la restitution du canon Baba Merzoug, ça fait partie des choses que je proposerai, mais pas seulement.  Je pense vraiment qu’il y a d’autres enjeux. La manière dont est traitée la diaspora ici, je pense que c’est aussi un enjeu important. 

 

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