«On ne parle pas d’élections» : les habitants du Burkina Faso doivent «oublier» la démocratie, affirme le chef de la junte Ibrahim Traoré
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«On ne parle pas d’élections» : les habitants du Burkina Faso doivent «oublier» la démocratie, affirme le chef de la junte Ibrahim Traoré Par Le Figaro avec AFP Le 3 avril 2026 à 07h21 Sujets Burkina Faso junte démocratie Lire dans l’app Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Le chef de la junte militaire du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. Angelos TZORTZINIS / AFP Le régime militaire a dissous en octobre 2025 la Commission électorale nationale indépendante (Céni), puis, en février dernier, les partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Les Burkinabè doivent «oublier» la démocratie, a déclaré jeudi soir le chef de la junte au pouvoir dans ce pays, le capitaine Ibrahim Traoré, au cours d'un entretien avec la presse diffusé à la télévision nationale. Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir en septembre 2022 par un coup d'État, le deuxième en huit mois. La transition politique, enclenchée après le premier putsch en janvier 2022, devait s'achever en juillet 2024 par des élections. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Mais la junte actuelle a adopté une charte qui lui permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024, et autorise le capitaine Traoré à se présenter aux «élections présidentielle, législatives et municipales», prévues en principe au terme de ces cinq années. Le régime militaire a dissous en octobre 2025 la Commission électorale nationale indépendante (Céni), puis, en février dernier, les partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues. Passer la publicité Publicité «On ne parle même pas d'élections d'abord (...) il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie ce n’est pas pour nous», a déclaré le capitaine Ibrahim Traoré jeudi lors d'un entretien diffusé sur la radiotélévision du Burkina (RTB, média d'État). «Nous ne sommes pas dans une démocratie», avait-il déjà assumé l'année dernière. À lire aussi Beyoncé, Rihanna, Justin Bieber... Comment l’IA crée un mythe autour d’Ibrahim Traoré, chef de la junte du Burkina Faso La violence des groupes djihadistes Ibrahim Traoré a été interviewé pendant plus de deux heures par des journalistes de médias burkinabè et étrangers, dont la télévision publique italienne Rai et la chaîne britannique privée Sky News - fait rare. Depuis son arrivée au pouvoir, le régime militaire hostile aux pays occidentaux et surtout à la France, a interdit ou suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux et expulsé certains de leurs journalistes. Jeudi, Ibrahim Traoré a également évoqué le cas de son prédécesseur, l'ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par le putsch de janvier 2022. Paul Henri Sandaogo Damiba est accusé d'être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch et est notamment poursuivi pour corruption. Il a récemment été extradé à Ouagadougou par le Togo, à la demande du Burkina. «Un juge l'a déjà vu (...) il est entre les mains de la justice», a dit Ibrahim Traoré. Le Burkina Faso est miné depuis près de 10 ans par les violences de groupes djihadistes qui ont fait des milliers de morts. L'armée burkinabè et ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), sont accusés par des ONG de tuer eux aussi des civils, ce qu'a nié Ibrahim Traoré jeudi, affirmant qu'«il n'y a pas de preuves». Le chef de la junte a également indiqué que la Russie, son allié, fournissait des équipements mais que «personne ne forme l'armée burkinabè», et «sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent».