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Les prix du pétrole montent malgré la sortie des EAU de l'OPEP, trêve avec l'Iran incertaine

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Euronews FR
2026/04/29 - 08:50 502 مشاهدة
Les marchés pétroliers sont de nouveau confrontés à l’instabilité après la sortie officielle des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de sa vaste alliance (OPEP+), annoncée mardi et effective vendredi.Cette décision, qui met fin à des décennies d’adhésion, intervient alors que l’économie mondiale subit toujours de plein fouet la guerre en cours avec l’Iran et que le blocus du détroit d’Ormuz reste en place.Les investisseurs évaluent actuellement la perspective d’une hausse future de la production des Émirats face aux risques immédiats et aigus qui pèsent sur les routes d’approvisionnement mondiales, ainsi qu’à la probabilité accrue de voir d’autres pays quitter l’OPEP et l’OPEP+.À la suite de cette annonce, les marchés ont rapidement intégré la pression baissière liée à un possible excès d’offre émiratie. Les cours du pétrole ont reculé de 2 à 3 %, en particulier sur les contrats à terme à échéance de quelques mois.Cet effet a toutefois été rapidement compensé par la prime de risque liée au conflit au Moyen-Orient et à l’interruption actuelle des négociations entre les États-Unis et l’Iran.Au moment de la rédaction, le brut de référence américain, le WTI, s’échange à plus de 105 dollars le baril, tandis que le Brent, référence internationale, dépasse 112 dollars. Ces deux prix sont d’environ 4 % supérieurs, ce mercredi, à leur point bas atteint après l’annonce des Émirats.La décision des Émirats intervient après des années de tensions latentes entre Abou Dhabi et Riyad sur les quotas de production. Les Émirats ont investi plus de 150 milliards de dollars (128 milliards d’euros) dans la compagnie nationale Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) afin de porter sa capacité à cinq millions de barils par jour.Cependant, dans le cadre restrictif de l’OPEP, une grande partie de cette capacité est restée sous-utilisée, ce qui pousse aujourd’hui le gouvernement à privilégier son intérêt national.Le départ du troisième producteur du groupe porte un coup majeur à la cohésion de cette organisation sexagénaire. Maurizio Carulli, analyste mondial de l’énergie chez Quilter Cheviot, souligne les limites que cette sortie impose aux membres restants.« Tant que le trafic des pétroliers dans le détroit d’Ormuz ne sera pas redevenu sûr, la capacité de l’OPEP à stabiliser les prix restera fortement contrainte, tandis que les producteurs américains ont gagné une influence disproportionnée », explique Carulli.Les Émirats ont certes promis d’augmenter leur production de manière « progressive et mesurée », mais la disparition soudaine de la coordination au sein de l’OPEP ajoute une nouvelle dose d’incertitude.Pour les Émirats, le blocus a servi de déclencheur final à leur sortie. Avec leur principale route d’exportation menacée, Abou Dhabi cherche à se donner la marge de manœuvre diplomatique nécessaire pour conclure des partenariats de sécurité et commerciaux indépendants, en dehors du cadre traditionnel du cartel.Malgré ces turbulences géopolitiques, les valeurs énergétiques ont fait preuve de résistance.Selon Carulli, « les majors intégrées comme BP, Shell, TotalEnergies, ENI, Chevron et ExxonMobil profitent d’une hausse des prix qui pourrait ajouter de 5 à 10 % à leur flux de trésorerie d’exploitation pour chaque augmentation de 10 dollars du prix du baril ».Bras de fer autour du détroit d’OrmuzDans un développement distinct mais lié, la situation sécuritaire au Moyen-Orient reste précaire malgré un cessez-le-feu fragile. L’Iran vient de présenter une proposition en dix points pour la réouverture du détroit d’Ormuz.En échange de la reprise du trafic maritime, Téhéran exige la levée complète du blocus naval américain et la fin des hostilités en cours.Le président américain Donald Trump, qui a récemment prolongé de deux semaines le cessez-le-feu médié par le Pakistan, a qualifié la dernière offre iranienne de « bien meilleure » que les précédentes, tout en refusant d’en accepter les termes.Peu après, Trump a publié un message sur les réseaux sociaux affirmant que l’Iran est dans une situation critique et désespérée, sans levier de négociation.Washington continue d’exiger un règlement permanent sur le programme nucléaire iranien et une réouverture « inconditionnelle » du détroit avant toute levée de sanctions.L’impact de ce blocus sur la sécurité énergétique mondiale est considérable.« La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz a retiré du marché environ 12 % de l’offre mondiale de pétrole, selon l’AIE, soit une perturbation plus importante que la guerre du Kippour, le conflit Iran-Irak, l’invasion du Koweït ou même les conséquences de la guerre en Ukraine », souligne Carulli.
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