Le réconfort du salon de coiffure
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
ChroniqueChroniqueSociétéLe réconfort du salon de coiffure Il n’y a rien de plus apaisant que de se laisser aller entre les mains expertes de son coiffeur... Chaque semaine notre chroniqueur, David Abiker, présentateur de la matinale de Radio Classique, nous livre son humeur du moment.Par David Abiker Le 8 avril 2026 à 04h00Illustration AbikerOffrir cet articleRéagirEnregistrerPartagerL’air du temps étant irrespirable, j’aimerais vous parler de ma coiffeuse. Vingt ans de fidélité réciproque. Pour une raison très simple. À chaque visite, après le shampooing, alors que ma tête – pleine du fracas du monde – est renversée en arrière et que la faïence du bac de rinçage forme autour de mon crâne l’auréole immaculée de l’innocence, elle masse mon cuir chevelu avec une infinie tendresse. Après s’être occupée de mes tempes et de ma nuque, elle s’empare du lobe de chaque oreille qu’elle fait rouler entre le pouce et l’index. Un client qui entrerait dans son salon n’y verrait que du feu, mais à ce moment précis, je lévite, horizontalement, tandis qu’Auréa – c’est son prénom – me pilote dans l’espace comme on dirigerait un drone, m’envoyant sur des théâtres d’opérations qui ressemblent à la paix. Cette femme me fait franchir le mur du soin.Auréa me raconte aussi, sans jamais se plaindre, sa vie d’artisan-artiste-coiffeuse : les tracas du quotidien, les problèmes de trésorerie, le deuxième salon qu’elle a dû vendre après le Covid. Elle défend bec et ongles son lieu, son cocon, l’endroit où elle donne parfois des cours de tango, où elle veille sur l’assemblée permanente de ses clientes, qu’elle écoute, frise, défrise, rassure ou colore. Souvent, j’arrive et lui lance, abattu : « Faites de moi ce que vous voulez, je suis sans projet capillaire… » Alors elle me devine, me tend la djellaba noire réglementaire et m’installe devant un reflet qui fait la tête, ma tête donc.Lire l’article maintenantDéjà abonné ? Se connecterJournal du jour8 avril 2026Lire le journal





