Le rappeur Booba devant la justice ce mercredi pour injures racistes et harcèlement
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Le rappeur Booba devant la justice ce mercredi pour injures racistes et harcèlement Par Victor Mérat avec AFP Le 1 avril 2026 à 06h00 Suivre Sujets Booba Cyberharcèlement rappeur Lire dans l’app Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Le procès du rappeur Booba pour injures et cyberharcèlement envers une journaliste de France Télévisions et un essayiste avait été renvoyé fin décembre 2025 au 1er avril 2026 par le tribunal correctionnel de Paris. Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP Le «Duc» a été placé sous contrôle judiciaire en septembre par le parquet de Paris avec interdiction d’entrer en contact avec ses victimes, la journaliste Linh-Lan Dao et l’essayiste Tristan Mendès France. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Le rappeur Booba, âgé de 49 ans, comparaîtra mercredi 1er avril devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour cyberharcèlement et injures publiques à caractère discriminatoire à l’encontre de Linh-Lan Dao, journaliste à France Télévisions, et pour injures envers Tristan Mendès France, essayiste et spécialiste des cultures numériques à l’université Paris-Cité. À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour L’affaire remonte au mois de janvier 2024. Le 26, Linh-Lan Dao publie un article dans la rubrique de fact-checking (vérification d’information) «Vrai ou Faux» du site franceinfo.fr au sujet d’une rumeur relayée sur son compte X par l’artiste, Élie Yaffa de son vrai nom, au sujet d’un lien entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob. Booba avait en réaction publié plusieurs messages sur X contenant pour certains des propos racistes et sexistes visant Linh-Lan Dao, déclenchant par ricochets à son encontre une vague d’acharnement. Passer la publicité Publicité «Ce qui s’est passé m’a énormément affectée» Le 3 décembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait renvoyé l’affaire à la demande du «Duc», absent à son procès pour des raisons de santé. «Il est souffrant, or, il a envie d’être présent et de s’exprimer face au tribunal» avait déclaré à franceinfo son avocate, Maria Roumiantseva, qui a fourni à la justice deux certificats médicaux pour appuyer sa demande. Contactés, Maître Roumiantseva et Maître Gilles Vercken, les deux conseils du rappeur, n’ont pas répondu à la sollicitation du Figaro. À l’issue de cette audience, le contrôle judiciaire du rappeur avec interdiction d’entrer en relation avec ses victimes, mis en place le 11 septembre, avait été maintenu. «Même si c’est virtuel, ce qui s’est passé m’a énormément affectée. C’est épuisant émotionnellement de lire ces messages haineux, n’importe qui à ma place ressentirait cela», avait déclaré à la presse Linh-Lan Dao après la suspension d’audience. «C’est très éprouvant psychologiquement cette attente. Mais j’attendrai encore quatre mois. C’est très important pour moi d’entendre ce qu’il a à dire.» «Nous souhaitons que Booba soit reconnu responsable du cyberharcèlement qu’il a commis et instigué, notamment à travers la meute qu’il a déclenchée contre ma cliente. Il a une influence colossale, il est suivi par des millions d’internautes. Une personne avec cette influence ne peut pas tweeter sans conséquence. Il a lâché une meute contre ma cliente. Et il doit assumer cela», déclare au Figaro son conseil, Maître Ilana Soskin. «Nez avant la honte» S’agissant de l’essayiste Tristan Mendès France, spécialiste des cultures numériques à l’université Paris-Cité, Booba devra répondre de messages sur X en janvier 2024 dans lesquels il avait écrit à son sujet : «Il est nez avant la honte», accompagné d’une photographie de la victime accolée à une autre du tueur en série Francis Heaulme, ou encore d’avoir écrit «nezfaste». Sollicité par l’AFP en décembre, Tristan Mendès France avait précisé ne pas être à l’origine de la procédure, ni avoir l’intention de se porter partie civile dans ce dossier. «Avec son empreinte sur X, ses messages ont déclenché un flot spectaculaire de commentaires antisémites», avait-il précisé. «Il faut avoir une culture historique lamentable pour ne pas se rappeler des attaques antisémites contre le nom Mendès France et particulièrement Pierre Mendès France», président du Conseil sous la IVe République, «dont l’effigie avait été brandie lors de l’exposition pétainiste sur les juifs», a-t-il ajouté. Passer la publicité Publicité Mis en examen dans deux autres dossiers Booba est par ailleurs mis en examen dans deux autres dossiers de harcèlement moral en ligne. La première depuis octobre 2023 contre l’ex-reine des influenceurs Magali Berdah. Le 28 février dernier, le ministère public a requis un renvoi en correctionnelle contre le rappeur, réclamant qu’il soit jugé pour un harcèlement en ligne ayant duré de mai 2022 à juin 2025 et ayant altéré la santé de Magali Berdah. La seconde depuis octobre, contre Demdem, un temps la compagne de son rival et autre poids lourd du rap français, Gims, lui-même actuellement mis en examen dans une affaire de blanchiment en bande organisée.