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La Russie «ne recherche pas le conflit» : le commandant américain de l’Otan tente de rassurer l’Europe sur fond de repli militaire des États-Unis

سياسة
Le Figaro
2026/06/12 - 10:33 503 مشاهدة
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La Russie «ne recherche pas le conflit» : le commandant américain de l’Otan tente de rassurer l’Europe sur fond de repli militaire des États-Unis Par Alexis Feertchak Le 12 juin 2026 à 12h58 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Russie OTAN Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Interrogé sur une possible attaque russe contre les Pays baltes, le général Alexus G. Grynkewich, SACEUR, a affirmé que Moscou «comprend le terme d’alliance défensive», alors que les États-Unis pourraient réduire le déploiement de navires et d’avions sur le territoire européen. Passer la publicité Passer la publicité Publicité À Berlin, «Grynch» - c’est son surnom - s’est voulu rassurant. «La Russie ne recherche pas le conflit. Elle comprend le terme d’’alliance défensive’ et elle comprend que nous disposons de plusieurs avantages asymétriques», a déclaré jeudi 11 juin lors d’une table ronde au salon aéronautique ILA de Berlin le général Alexus G. Grynkewich, mentionné par le Financial Times. Depuis le 5 juin 2025, l’ancien pilote de chasse américain officie à la fois comme commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) et commandant des forces des États-Unis en Europe (EUCOM). Originaire d’une famille biélorusse par son grand-père, émigré hors de l’Empire russe, il était spécifiquement interrogé sur le risque d’une attaque russe dans les Pays baltes, avec en toile de fond le repli des forces américaines en Europe dont les contours exacts se dessinent peu à peu. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Suivez les informations sur la guerre en Ukraine avec l'application du Figaro C’est le New York Times, ce vendredi, qui a révélé l’existence d’un document écrit dans lequel les États-Unis ont détaillé à leurs partenaires européens, début juin, les redéploiements d’armement prévus. En particulier, il est question de «réduire le nombre de chasseurs F-16 et F-15E d’environ 150 à 100, de réduire le nombre d’avions de reconnaissance maritime de 26 à 15 et supprimer les huit avions ravitailleurs en vol auparavant disponibles pour l’Europe». Un sous-marin nucléaire lance-missiles, un porte-avions, avec des dizaines d’avions embarqués, plusieurs navires de guerre et deux groupes de bombardiers précédemment affectés à la défense de l’Europe pourraient être également réaffectés ailleurs, ajoute le journal américain. Passer la publicité Publicité «Je suis prêt à combattre ce soir» Le quotidien allemand Die Welt avait révélé précédemment ce projet de retrait, en des termes quasiment similaires, incluant «un groupe aéronaval, tous les sous-marins capables de lancer des missiles de croisière, plusieurs avions de patrouille maritime Poseidon, des avions ravitailleurs en vol ainsi que des chasseurs F-16 et F-15E». D’ores et déjà, le 1er mai dernier, Washington a fait part de son intention de retirer 5000 soldats d’Allemagne et d’annuler le déploiement d’un bataillon de tir d’artillerie à longue portée, initialement prévu pour la fin de l’année. Mais dans la foulée, soufflant le chaud et le froid, Donald Trump a annoncé, au contraire, l’envoi de 5000 soldats américains supplémentaires en Pologne. «Quand on me demande si je suis prêt à combattre ce soir, je réponds sans hésiter : absolument», a précisé le SACEUR à Berlin, ajoutant que son rôle était de s’assurer que «la Russie comprenne que toute tentative dans les Pays baltes est vouée à l’échec. Sachant qu’elle n’y parviendra pas, elle ne prendra pas un tel risque». Le général Grynkewich confirme en revanche le programme de restriction américain en Europe en évoquant le retrait de certains armements : «Il s’agit d’une série de capacités aériennes et maritimes dont les États-Unis ont besoin en cas de problème dans le Pacifique». Depuis le début de son second mandat, Donald Trump, dont les forces sont par ailleurs engagées au large du détroit d’Ormuz dans le cadre de sa confrontation avec le régime iranien, ne cesse de vouloir réorienter les efforts américains vers l’Asie, face à son rival systémique, la Chine, quitte à fragiliser le front européen. À lire aussi La défense aérienne de l’Otan à l’épreuve des incursions de drones Cité par le Financial Times, le commandant suprême des forces alliées en Europe a indiqué qu’il élaborait actuellement des plans d’urgence «concernant ce que nous pourrions avoir, dans certaines conditions, ou ce que nous pourrions ne pas avoir». «À court terme, nous devons nous concentrer sur les capacités que nous pouvons acquérir, déployer et augmenter rapidement, et maintenir dans le temps. Cela vaut également pour les frappes à longue portée», a-t-il précisé, alors que les équipements américains qui pourraient être retirés réduiraient justement drastiquement cette capacité de frappe de l’Otan dans la profondeur. Au sujet des Pays baltes en particulier, le Saceur a affirmé qu’il «suivait de très près les renseignements». L’Estonie, la Lituanie et la Lettonie, même si elles ne craignent pas une invasion russe dans l’immédiat, redoutent que la Russie cherche à ouvrir un nouveau front le jour où prendrait fin la guerre en Ukraine. Un affaiblissement de l’Otan, à cet égard, pourrait pousser Moscou à réviser ses calculs stratégiques. Le 1er juin 2025, le chef d’état-major des armées allemand, le général Carsten Breuer, avait ainsi déclaré à la BBC que les membres de l’Otan devaient se préparer à une éventuelle attaque de la Russie dans les quatre prochaines années, d’ici 2029, voire plus tôt, notant que la fabrication de chars russes augmentait, alors qu’ils sont désormais peu déployés en Ukraine. Alliance défensive La semaine dernière, Vladimir Poutine a qualifié de «non-sens» les craintes en Europe d’une attaque russe contre les pays de l’Otan. «C’est une provocation délibérée visant à créer une menace inexistante et à contraindre les populations de ces pays à dépenser davantage d’argent pour la défense», a déclaré le président russe lors d’une interview à Saint-Pétersbourg. «C’est tout simplement absurde. Ce serait risible si ce n’était pas si triste.» Passer la publicité Publicité Le 19 mai à Ankara, le général Alexus G. Grynkewich s’était déjà voulu rassurant lors d’une conférence de presse : «Ils disent constamment que l’Otan fait quelque chose de manière offensive, mais nous savons tous que l’Otan est une alliance défensive. Nous ne sommes pas une menace pour la Russie, et ils savent que nous ne sommes pas une menace pour la Russie. S’ils pensaient que nous étions une menace pour la Russie, ils n’auraient pas vidé le district militaire de Leningrad pour aller envahir l’Ukraine». À lire aussi Guerre en Ukraine : mais où sont donc passés les chars russes ? «On est toujours dans l’Otan, mais l’Otan a besoin de changements significatifs», avait de son côté déclaré, début juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le chef de la diplomatie américaine avait estimé que le prochain sommet, qui réunira les 32 pays membres début juillet dans la capitale turque Ankara, «est sans doute le plus important de l’histoire de l’organisation, car il y a certaines questions qui doivent être clarifiées et réglées». Donald Trump, lui, pousse incessamment pour que les pays européens augmentent leurs dépenses de défense et achètent davantage d’armes américaines.
المصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro

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