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Karima Khatim : « Retailleau a fait de l’Algérie un tremplin médiatique »

سياسة
Tout Sur l Algérie
2026/05/04 - 07:30 501 مشاهدة

Karima Khatim est la présidente de la Fédération franco-algérienne. C’est une figure de la diaspora algérienne en France.

Dans cet entretien, elle décrypte les récentes attaques contre l’Algérie en France et parle du rôle et de la place des binationaux dans cette relation.

Elle charge Bruno Retailleau, qui a fait de l’Algérie un « tremplin médiatique », et déplore la mercantilisation de la relation franco-algérienne au détriment de sa dimension humaine.

Karima Khatim revient sur les accusations du président Macron contre les partisans de la rupture avec l’Algérie et pointe la “chalghoumisation” du débat public en France sur l’Algérie.

Les attaques contre l’Algérie reprennent en France. Pourquoi ?

Les attaques contre l’Algérie n’ont jamais cessé : elles changent seulement de forme. Tantôt par des polémiques médiatiques, tantôt par la remise en cause des Accords franco-algériens de 1968, pourtant conçus à l’origine pour encadrer et réguler la circulation des Algériens entre l’Algérie et la France.

Même certaines figures mises en avant hier par Paris, comme Boualem Sansal, finissent aujourd’hui par prendre leurs distances, preuve que les instrumentalisations ont leurs limites.

En réalité, derrière le vacarme politique et médiatique demeurent des liens humains, historiques et culturels bien plus solides que toutes les campagnes de stigmatisation.

Le président Emmanuel Macron a traité de « mabouls » les partisans de la rupture avec l’Algérie. Les « mabouls » ont répliqué. Que retenez-vous de leurs réponses ?

Emmanuel Macron a lui-même ouvert des fractures mémorielles en contestant des évidences historiques sur l’Algérie.

Mais le plus zélé dans cette surenchère reste Bruno Retailleau, longtemps silhouette effacée du Sénat, devenu soudain tonitruant depuis qu’un portefeuille ministériel lui a été offert.

Invisible pendant des décennies sur les grands enjeux du pays, le voilà désormais omniprésent dès qu’il s’agit de viser l’Algérie. Matin, midi et soir, mêmes attaques, mêmes postures, même obsession. À défaut d’incarner une vision pour la France, il semble avoir trouvé dans l’Algérie un tremplin médiatique.

Le plus grave est ailleurs : en cherchant des applaudissements faciles, il dégrade le climat national et fait peser ses calculs politiques sur des millions de Franco-Algériens qui n’ont pas à subir ces provocations permanentes.

En résumé : certains construisent une carrière sur le travail, d’autres sur le vacarme.

L’Algérie est-elle devenue le sujet de politique étrangère de la droite et de l’extrême droite en France ?

Oui, et c’est précisément là que se situe le problème : une partie de la droite et de l’extrême droite en France a transformé le débat public en théâtre permanent de la surenchère.

La “chalghoumisation”, c’est cette dérive où l’on remplace la pensée par le slogan, la hauteur par l’invective et la vision par l’obsession identitaire.

L’Algérie est devenue pour eux un carburant électoral : on l’agite pour parler d’immigration, de sécurité, de mémoire coloniale ou d’identité nationale. À défaut de régler les problèmes français, certains préfèrent fabriquer un adversaire commode.

Même le champ culturel n’y échappe plus. On met en avant les voix qui confortent ce récit idéologique, tandis que des figures majeures comme Assia Djebar incarnaient une littérature d’élévation, de nuance et de civilisation. Désormais, certains auteurs sont célébrés moins pour leur œuvre que pour leur utilité politique dans le discours de la droite radicalisée.

Dans ce paysage, les rares voix crédibles et d’État restent des responsables capables de hauteur et de mesure, comme Dominique de Villepin ou Alain Juppé, qui ont toujours privilégié la stratégie, la dignité des relations internationales et la retenue plutôt que l’agitation médiatique.

Le résultat est simple : une droite en panne d’idées et une extrême droite fidèle à ses vieux réflexes ont fait de l’Algérie un fonds de commerce.

En résumé : quand on n’a plus de projet pour la France, on recycle les passions tristes contre l’Algérie ; quand on a une stature d’État, on parle d’avenir et d’équilibre.

Le Medef mise sur les binationaux pour relancer la relation économique entre l’Algérie et la France. Les patrons franco-algériens peuvent-ils jouer ce rôle ?

Beaucoup de Franco-Algériens peuvent légitimement ressentir ce décalage : on sollicite leur utilité économique quand il s’agit d’investissements, d’échanges ou de croissance entre France et Algérie, mais on entend bien moins de voix lorsqu’il faut défendre leur dignité face aux amalgames et à la stigmatisation.

Le problème de fond est que la France a trop souvent négligé l’humain pour privilégier l’intérêt économique. On a parlé de contrats, de marchés, d’énergie, d’investissements et de coopération, sans accorder la même priorité aux femmes et aux hommes qui incarnent concrètement le lien entre les deux pays : les Franco-Algériens.

Pendant des années, certains responsables ont célébré les échanges entre les deux rives. Mais lorsque la communauté algérienne établie en France a été visée par des polémiques médiatiques ou utilisée comme sujet électoral, les réactions ont été timides, parfois inexistantes.

Or, une relation durable ne se construit pas d’abord sur les chiffres, mais sur le respect. Avant les marchés, il y a les citoyens. Avant les contrats, il y a la dignité. Avant l’économie, il faut reconnaître, protéger et valoriser les Franco-Algériens, qui sont le pont vivant entre la France et l’Algérie. En résumé : la vraie richesse entre les deux rives n’est pas dans les signatures, elle est dans les personnes.

L’article Karima Khatim : « Retailleau a fait de l’Algérie un tremplin médiatique » est apparu en premier sur TSA.

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