« Il a passé son temps au karting »… Ces pères qui utilisent leur congé paternité pour tout sauf s’occuper de leur bébé
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•» Des témoignages comme celui-ci, Marie Vialeret, présidente de l’association « T’as pensé à ?
•», en a reçu à la pelle sur les réseaux sociaux du collectif, spécialisé sur la charge mentale.
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Evénements sportifs, vacances entre amis, ouverture de la saison de la chasse ou de la pêche, travaux dans la maison… Dans « les centaines de messages et commentaires », laissés en majorité par des femmes, nombre d’entre elles racontent que leur conjoint a pris son congé paternité pour… tout faire sauf s’occuper du bébé et laisser leur compagne souffler. View this post on Instagram L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentementEn cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires. Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies Parmi ces témoignages, celui de Séverine, maman de 42 ans. A la naissance de sa première fille, en octobre 2011, son conjoint a pris ses onze jours de congé paternité « pour rallonger ses vacances de Noël », soit un peu plus de deux mois après la naissance de son enfant. Elle a ainsi été contrainte de « [se] débrouiller toute seule » pendant les premiers mois de vie de sa fille : « A aucun moment le papa s’en est occupé, il ne se levait pas les nuits, rien, nous raconte-t-elle. J’aurais eu besoin d’aide, mais il ne s’est jamais impliqué. » Une situation d’autant plus difficile que son bébé – leur bébé – « faisait du reflux gastro-œsophagien sévère et hurlait en permanence dès qu’elle était réveillée, parce qu’elle avait mal ». Le seul soutien sur lequel Séverine a pu s’appuyer était celui de sa propre famille, qui « prenait le relais », parfois même la nuit, pour qu’elle puisse souffler. Le papa n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait quitté la maternité « quasiment tout de suite après la naissance de la petite pour aller acheter de quoi faire l’apéro avec des collègues au boulot », raconte sa désormais ex-femme. « Il disait que ça ne servait à rien qu’il reste, donc je me suis débrouillée toute seule les premières heures de vie de notre fille », se souvient-elle. Cette situation s’est reproduite à l’identique pour leur deuxième fille, née en septembre 2016. Le conjoint de Séverine a pris son congé paternité en novembre, « pour prolonger les vacances qu’il avait posées pour solder ses congés avant de quitter son entreprise », relate la maman. « A aucun moment il ne les a pris pour participer à l’accueil de sa fille ou pour nouer des liens avec elle. » Il passait son temps à « jouer aux jeux vidéo » et « a peut-être changé une couche ou deux, quand sa famille était là », mais « il ne s’est pas occupé des petites parce qu’elles pleuraient quand il les prenait et que ça le vexait ». Dans la notion de congé paternité, « le mot "congé" était bien là, mais "paternité", c’était un petit plus flou », se désole Séverine. Une situation qui a mené à leur divorce, en 2020. « Même quand les filles ont grandi, ça a toujours été moi qui m’en occupais quasiment exclusivement. Le lien entre lui et elles était assez compliqué, donc j’ai préféré me séparer », raconte-t-elle. L’histoire de Charlène* est similaire. En septembre 2018, la naissance de son fils est prévue le même week-end qu’une course de kart, le « hobby [de son conjoint] depuis toujours ». « Comme il était président du club, il ne se sentait pas de ne pas y aller », se souvient la jeune maman. Si son fils naît finalement avec un peu d’avance, c’est le congé paternité, pris juste après la naissance, que son passe-temps a accaparé : « Il y a passé tout son temps et a gardé quelques jours pour les poser en novembre, pour d’autres courses, raconte Charlène. C’est ma mère qui a dû venir à la maison pour m’aider à gérer le petit le week-end de course » où l’accouchement était initialement prévu, relève la mère. Comme pour Séverine, le conjoint de Charlène n’a été que très peu présent à la maternité puis lors des premiers mois de vie de son fils. « Il disait qu’il n’aimait pas rester à la maison parce qu’il se faisait chier et partait, il n’était jamais là. » Pour leurs jumeaux, nés quelques années plus tard, « il a pris son congé paternité pour être à la maison mais n’aidait pas », poursuit Charlène, qui dit s’être sentie « très très seule ». Elle est aujourd’hui séparée du père de ses enfants. Pour Marie Vialeret, qui a lancé le sujet sur le compte « T’as pensé à » dans le cadre de la Coupe du monde de football masculin, ces témoignages ne sont « pas vraiment » surprenants. Une étude espagnole, lancée après le Mondial 2022, a notamment montré qu’il y a eu, sur cette période, « un surplus d’environ 1.140 hommes en congé paternité par rapport aux dates alentour et à l’année précédente ». Les auteurs ont interprété ces résultats comme « une preuve directe que (au moins une fraction) des pères profitent de ce congé pour des activités sans rapport avec leurs enfants ». Ce phénomène « dit beaucoup de comment ces "congés" sont considérés et des rôles genrés qui persistent dans la société mais aussi chez les individus », estime la présidente de « T’as pensé à ? ». Cela « nous dit que les stéréotypes de genre sur ce que sont les rôles et les responsabilités des femmes et des hommes aujourd’hui restent tenaces », poursuit-elle. Un sujet qui questionne sur le futur effet réel du congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur mercredi. Celui-ci permet aux parents de poser un ou deux mois en plus de leur congé maternité ou paternité dans les neuf mois suivant la naissance de leur enfant. « Rallonger le congé paternité, c’est bien, mais il faut aussi qu’il soit utilisé à bon escient », souligne Séverine. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! 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