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Grasset : après le limogeage d'Olivier Nora, où iront les écrivains sur le départ ?

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/17 - 14:51 501 مشاهدة

Ça n’a pas traîné. Mercredi 15 avril, on apprenait que Vincent Bolloré mettait fin aux fonctions d’Olivier Nora, PDG de Grasset depuis l’an 2000 – une rupture qui semblait inexorable au vu des tensions croissantes entre les deux hommes. Le soir même, dans une ambiance de serment du Jeu de paume éditorial, les principaux auteurs de la maison se rassemblaient à l’étage du Café Beaubourg, à Paris, pendant que les absents intervenaient sur la boucle WhatsApp créée dans la journée. Les débats étaient notamment menés par Colombe Schneck et une Virginie Despentes très remontée. En 2019, dans une interview à Society, la même Despentes se félicitait d’avoir touché "une douche de thunes" grâce à l’adaptation de Vernon Subutex par Canal + (racheté par Vincent Bolloré en 2011). Mais en quelques années les choses ont changé…

Malgré la variété des profils réunis au Café Beaubourg, un texte est sorti du brouhaha, puis a paru sur le site du Figaro, signé par 115 auteurs qui y annoncent leur départ de Grasset, ne voulant plus que leur travail soit la propriété de Vincent Bolloré (ce qui, dans les faits, est le cas depuis 2023). D’autres noms se sont ajoutés à la pétition, portant le total à plus de 180, comme dans la fameuse tirade du Cid ("Nous partîmes cinq cent ; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port…") ou dans Rhinocéros d'Eugène Ionesco. Entre tragédie et comédie, jusqu’où ira l’effet de groupe ? La liste est disparate, mêlant camarades historiques d'Olivier Nora (Bernard-Henri Lévy et Jean-Paul Enthoven), stars établies, inconnus au bataillon et écrivains ne publiant déjà plus chez Grasset comme Anne Berest, Dominique Bona ou Gaspard Koenig.

On y trouve les gros vendeurs actuels de la maison, dont (par ordre alphabétique) Laurent Binet (qui a proposé de faire intervenir Jean-Luc Mélenchon, idée rejetée), Sorj Chalandon, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Laetitia Colombani, Virginie Despentes, Gaël Faye, Olivier Guez, Delphine Horvilleur, Maria Larrea, Richard Malka ou Vanessa Springora. On note en revanche l’absence du secrétaire perpétuel de l’Académie française, Amin Maalouf, ainsi que celle de sept autres immortels : Dominique Fernandez, Marc Lambron, Andreï Makine, Jean-Luc Marion, Daniel Rondeau, Maurizio Serra et Frédéric Vitoux. En un sens il aurait été incohérent qu’ils quittent la maison juste avant la publication chez Grasset du livre de Boualem Sansal, qu’ils ont royalement élu Quai Conti il y a moins de trois mois… Quant aux deux seuls auteurs Grasset qui figurent cette semaine dans notre palmarès hebdomadaire des meilleures ventes, ils ont fait des choix opposés : Bruno Patino a signé la pétition, au contraire de Pauline Clavière (mais il est vrai qu’elle travaille pour Clique, donc pour Canal +, donc pour Bolloré). Ajoutons aussi les écrivains étrangers, qui ne devraient pas bouger. Si la liste fait écran par son nombre, et donne l’impression d’un exode total, on voit que la réalité est plus contrastée.

A rebours des réactions d’humeur excessives affichées par certains pétitionnaires sur leurs réseaux sociaux, Frédéric Beigbeder (déjà à moitié chez Albin Michel) commente les faits avec son habituel humour dans Le Figaro du jour : "Pour certains, c’est une guerre idéologique. Pour moi et pour d’autres, c’est autre chose. Nous ne nous prenons pas pour de Gaulle en marche vers Londres, mais nous sommes choqués par la manière brutale dont ce départ a été décidé et annoncé." Et il ajoute : "Certains disent : le fascisme est à nos portes. Moi, je veux dire qu’on ne dirige pas une maison d’édition comme une entreprise de yaourts. Nous ne sommes pas des yaourts."

Une fois que la vague d’émotion sera redescendue, que va-t-il se passer concrètement ? On ne sait pas encore si Olivier Nora, 66 ans, reprendra du service, ni où, ni comment. Va-t-il monter une structure chez les Nouveaux Editeurs d’Arnaud Nourry ? Trouver une place dans l’organigramme d’Editis, groupe dirigé par son ami de jeunesse Denis Olivennes ? Rebondir ailleurs ? Les coups de fil ont commencé à pleuvoir dans tous les sens dès mercredi. Dans ce jeu de chaises musicales, qui en sortira gagnant et qui en sortira perdant ? Olivier Nora était réputé pour ses contrats généreux. Avec son départ forcé, les deux principaux agents littéraires, Susanna Lea et François Samuelson, auront un levier de moins pour faire monter les enchères. Ajoutons que dans beaucoup de maisons déjà surchargées en auteurs, la tendance pour 2027 était jusque-là à la réduction du nombre de parutions. Comment programmer tout le monde alors que c'est bouché partout ? Les stars citées plus haut n’auront aucun mal à trouver chaussure à leur pied, que ce soit au sein du groupe Madrigall (Gallimard et Flammarion) ou chez Albin Michel. Le Seuil, qui doit reconstruire un catalogue d’auteurs, se voit offrir une opportunité en or - si Virginie Despentes serait la prise rêvée, récupérer Sorj Chalandon ou Laurent Binet serait un signal fort.

Quid d’Actes Sud ? N’oublions pas L’Iconoclaste, où travaille Juliette Joste (ex-éditrice Grasset). Chez Editis, Le Cherche Midi, Julliard, Plon et Robert Laffont devraient parvenir à en attirer quelques-uns. On ne se fait pas non plus de souci pour les jurés de prix prestigieux (Goncourt, Renaudot et Femina) présents dans la liste : Evelyne Bloch-Dano (déjà chez Stock), Dominique Bona (déjà chez Gallimard), Pascal Bruckner (déjà annoncé chez Albin Michel), Cécile Guilbert, Oriane Jeancourt Galignani et Patricia Reznikov. Ce sera plus compliqué pour les autres, qui passeront après, et se verront proposer des conditions contractuelles revues à la baisse, ou pas de contrat du tout. Devront-ils retourner la queue basse chez Grasset ? Les solidarités collectives sont provisoires, gouvernées par l’intérêt des plus éloquents, une boucle WhatsApp n’est pas la vraie vie, et comme lors du naufrage du Titanic tout le monde ne se trouvera pas une place au chaud sur des canots de sauvetage.

Restent d’autres points à éclaircir. Comment se passeront juridiquement les rachats de contrats ? Que va-t-il advenir du Livre de Poche (qui appartient à 60 % à Hachette) ? Les pétitionnaires voudront-ils également quitter cette maison où ne sent-elle pas encore assez le soufre ? La psychose va-t-elle gagner les trois autres maisons littéraires du groupe Hachette (Stock, JC Lattès et Calmann-Lévy) ? Leurs auteurs devront-ils eux aussi s’échapper pour s’acheter une bonne conscience ? Sur Instagram, hier, Cédric Sapin-Defour (auteur Stock) a écrit un texte pondéré et intéressant pour dire qu’il ne partirait pas de Stock. Ses arguments ? Ce serait malhonnête (au vu de ses ventes, il peut se le permettre, d’autres non) et inélégant envers les salariés de Stock. D’une certaine manière, si les pétitionnaires Grasset sont des auteurs légitimement inquiets pour leur avenir immédiat, ils ont fait passer leur image avant la survie de leurs éditeurs et attachées de presse, qu’ils ont laissés en plan. On se demande enfin qui sera nommé à la tête de Grasset après l’intérim assuré par Jean-Christophe Thiery. Manuel Carcassonne aurait été le choix le plus évident mais hier, dans les travées du salon du livre de Paris, c’est le nom d’Eric Naulleau qui revenait avec le plus d’insistance. A suivre au prochain épisode…

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