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Faut-il interdire les réseaux sociaux aux médecins : une question désormais incontournable ?

سياسة
Tout Sur l Algérie
2026/05/05 - 06:47 503 مشاهدة

Tribune. L’essor des réseaux sociaux a profondément transformé les modalités d’expression des médecins.

Si ces outils offrent des opportunités en matière d’information et d’éducation sanitaires, ils sont devenus depuis quelques mois dans le secteur privé le lieu commun de dérives portant atteinte aux principes fondamentaux de l’éthique médicale, notamment la dignité de la personne, le respect du secret professionnel, l’indépendance professionnelle, la confraternité et la primauté de l’intérêt du patient.

Chaque jour, sur les plateformes Facebook, Instagram et Tik-Tok, nous assistons à :

Marchandisation de l’acte médical et des conflits d’intérêts : propositions de rabais, ristournes, packs promotionnels sur des actes médicaux, des pratiques de publicité, symptômes d’un glissement vers une médecine commerciale en violation des dispositions du décret 92/276 du 6 juillet 1992 portant code de déontologie médicale.

L’acte médical n’est pas une denrée, une marchandise éligible aux règles du marché. Le bradage de l’acte de soin est intolérable et inacceptable.

Les plateformes encouragent l’influence, la monétisation et les partenariats commerciaux.

Certains médecins aliènent leur indépendance et deviennent des vendeurs, des auxiliaires commerciaux promouvant, moyennant contreparties et autres avantages, des produits pharmaceutiques et cosmétiques, des techniques et des équipements.

Médecine spectacle. Nous assistons au quotidien à la mise en scène de l’exercice médical : consultations scénarisées, patients exposés, interventions filmées et transformées en contenus promotionnels, exposition de cas cliniques à des fins d’auto-glorification et de visibilité. Des influenceurs et influenceuses sont loués pour, à coup de flagorneries, amplifier cette visibilité.

Les patients, contraints et forcés, dans cette relation asymétrique sont mis à contribution par des commentaires scénarisés, complaisants, élogieux et laudateurs.

Cette spectacularisation transforme le patient en un outil, un objet et un support pour l’autopromotion et la survalorisation du médecin. Elle réduit le patient à un appât et à un produit d’appel pour attirer d’autres clients, d’autres consommateurs. La médecine n’est pas un spectacle.

La pudeur, la modestie, l’humilité, la confidentialité, la rigueur, la discrétion, le secret médical, la confraternité, fondements de l’exercice médical, sont balayés au profit d’une course à la visibilité, à une pseudo- notoriété, aux likes et aux followers.

Charlatanisme médical et désinformation

Des médecins, le plus souvent jeunes et fraîchement diplômés, publient des informations et des pratiques non validées, voire, dangereuses.

La hidjama, thérapie non conventionnelle ne reposant sur aucune base scientifique ni essais cliniques, connaît une médicalisation impliquant des praticiens mus par la cupidité et l’abus de la crédulité, de la candeur et de la confiance de patients vulnérables.

Echec des mécanismes de régulation et responsabilité partagée entre l’Ordre national des médecins et les pouvoirs publics

Face à cette déliquescence, deux institutions restent coupablement muettes. D’une part, l’Ordre National des médecins est quasiment inaudible, virtuel, incolore, inodore, insipide, inexistant, transparent et translucide sur ces dérives.

D’autre part, les pouvoirs publics, directions de la santé de wilaya, sont réticentes à faire exécuter les sanctions disciplinaires ordinales.

Conclusion

Face à ces dérives et devant l’échec des mécanismes de régulation, l’hypothèse d’une interdiction des réseaux sociaux aux médecins dans le secteur libéral est désormais incontournable.

Cette interdiction n’est ni une sanction ni une atteinte à la liberté d’expression mais une mesure de protection : protection des malades, protection de l’exercice médical et protection de toute une corporation.

Quelle image voulons-nous pour notre médecine : une médecine spectacle, où l’acte de soin devient un bien marchand, un bien de consommation, le malade juste un client, un consommateur, le médecin un influenceur, un auxiliaire commercial et un vendeur.

Interdire les réseaux sociaux aux médecins n’est certes pas la solution idéale. Mais face à la déliquescence de l’éthique médicale et à l’inaction persistante des autorités de régulation, cela pourrait devenir demain une nécessité.

*Président du Conseil régional de Blida de l’Ordre des médecins

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