Enigmes autour du très fou « Tutu », un roman transgressif paru en 1891 sous pseudonyme, qui fascine toujours autant
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
La couverture de l’édition originale du « Tutu » (1891). TRISTRAM « Le Tutu. Mœurs fin de siècle », de Princesse Sapho, préface de Chloé Delaume, Tristram, 248 p., 21 €. Chef-d’œuvre inconnu, imprimé fin 1891 par Léon Genonceaux (1856-1942, éditeur de Rimbaud et Lautréamont), qui prend alors la fuite pour publications jugées répréhensibles, Le Tutu est un livre « comme il ne faut pas », de tous les siècles à la fois. Un roman-tripot débraillé, loufoque et décadent, qui met en scène la « vastitude de la décomposition [des] âmes ». D’une modernité folle, il semble avoir tout inventé – absorbé toute l’histoire littéraire précédente, mais aussi dévoré par anticipation la suite. Cette « grande orgie impossible », où le monde part à vau-l’eau, est une scène ouverte drolatique et blasphématoire qui dézingue tout : Mauri de Noirof, son héros, sa femme et ses maîtresses (dont sa mère) dansent et jouent, boivent, pètent et se caressent, vomissent et bâfrent, y compris de la chair humaine, dans une odeur de charogne pareille à un « lit dans lequel une vierge vieille aurait couché pendant dix siècles sans en changer les draps ». Il vous reste 87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




