En images - Sam Neill n’était pas qu’Alan Grant dans « Jurassic Park », la preuve en douze rôles
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•Sam Neill est décédé ce lundi à Sydney à l’âge de 78 ans.
•Mais résumer Sam Neill à Jurassic Park, c’est passer à côté de l’essentiel.
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Sam Neill est décédé ce lundi à Sydney à l’âge de 78 ans. Mais résumer Sam Neill à Jurassic Park, c’est passer à côté de l’essentiel. Né à Omagh, en Irlande du Nord, puis élevé en Nouvelle-Zélande, l’acteur a traversé plus de cinquante ans de cinéma et de télévision avec une constante : le refus de la facilité. Là où d’autres auraient capitalisé sur le succès planétaire de Steven Spielberg, Sam Neill a continué à choisir ses rôles plutôt qu’à les subir – du cinéma d’auteur le plus radical aux séries les plus populaires, en passant par des productions modestes qu’il portait à bout de bras. Ce qui définit son jeu ? L’intériorité. Sam Neill ne dévore pas l’écran : il l’habite. Il fascine par ce qu’il retient, par le doute qu’il laisse affleurer sous l’autorité, par cette façon de rendre touchants des personnages qui, sur le papier, ne l’étaient pas. Sam Neill laisse un vignoble dans le Central Otago, des mémoires publiées en 2023, et une filmographie d’une richesse que nous vous invitons à (re) découvrir en images. «Sleeping Dogs » (1977), de Roger Donaldson Le tout premier long métrage néo-zélandais à connaître une sortie internationale. Dans Sleeping Dogs, Sam Neill joue un homme retiré du monde, rattrapé malgré lui par un coup d’État militaire. Dès ce premier grand rôle, ce qui deviendra sa marque de fabrique est déjà là : un personnage introverti, lucide, piégé par des forces plus grandes que lui. Le film lance simultanément la carrière de Sam Neill et celle du cinéma néo-zélandais. «Ma brillante carrière » (1979), de Gillian Armstrong Adaptation du roman féministe de Miles Franklin, Ma brillante carrière est d’abord le film de Judy Davis : elle y incarne Sybylla Melvyn, une jeune femme qui rêve d’écrire et refuse de se résoudre à la vie domestique que le bush australien lui promet. Sam Neill, lui, joue Harry Beecham, son prétendant. Un homme du monde poli, séduisant – auquel Sybylla résiste pourtant, repoussant sa demande en mariage à deux reprises. Ce qui est remarquable dans ce classique du cinéma australien, c’est que Sam Neill donne à Harry, personnage qui aurait pu n’être qu’un faire-valoir, une épaisseur croissante, une dignité blessée sans jamais chercher à voler le film à sa partenaire. Une leçon de générosité d’acteur. «La Malédiction : Le Conflit final » (1981), de Graham Baker Le personnage aurait facilement pu basculer dans la caricature ! Le troisième et dernier volet de la saga « La Malédiction » met en scène Damien Thorn devenu adulte – ambassadeur des États-Unis à Londres. À 33 ans, Sam Neill apporte à ce personnage d’Antéchrist une sophistication glaçante, une présence à la fois calme et inquiétante. La Malédiction finale est un film inégal, mais la composition de Sam Neill parvient à créer, à elle seule, une atmosphère véritablement angoissante. «Possession » (1981), d’Andrzej Żuławski Aucun superlatif ne rend justice à ce que Sam Neill fait dans Possession. Le film d’Andrzej Żuławski est un objet inclassable : à la fois drame conjugal et spectacle Grand Guignol, tourné dans un Berlin Ouest encore coupé en deux par le Mur. Sam Neill y joue Mark, un espion qui rentre chez lui et découvre que sa femme (Isabelle Adjani) veut le quitter – pour des raisons qui dépassent largement le cadre d’une crise de couple ordinaire. Face à Adjani, qui livre une performance légendaire, Sam Neill tient le choc avec une intensité brute, à vif, sans filet. Le film, interdit dans plusieurs pays à sa sortie, est depuis devenu un objet de culte. «Un cri dans la nuit » (1988), de Fred Schepisi Un cri dans la nuit de Fred Schepisi reconstitue l’affaire Chamberlain, l’un des faits divers les plus médiatisés de l’histoire australienne : en 1980, Lindy Chamberlain affirme qu’un dingo a emporté son bébé lors d’un camping dans l’Outback. Personne ne la croit. Elle est condamnée pour meurtre. Le film sort en salles en Australie six semaines seulement après l’annulation de cette condamnation – le sujet brûle encore. Meryl Streep incarne Lindy ; Sam Neill joue Michael, son mari pasteur, un homme enfermé dans sa foi qui s’effondre lentement face à la machine judiciaire et médiatique. Face à l’actrice au sommet de son art, Sam Neill tient un registre plus silencieux, plus intérieur – celui d’un homme qui doute sans jamais l’admettre. «Calme blanc » (1989), de Phillip Noyce Dans ce huis clos maritime de Phillip Noyce, un couple en deuil, en mer sur un yacht, recueille un naufragé qui se révèle instable. Le pitch de Calme blanc tient en une ligne, mais tout est dans l’exécution. Pendant une grande partie du film, Sam Neill est seul à l’écran, coincé sur un navire en train de couler, séparé de sa femme (Nicole Kidman) restée sur le yacht avec un psychopathe (Billy Zane). Pas de dialogues, pas de partenaire : juste un acteur, de l’eau qui monte, et une détermination froide. Un rôle d’une intensité physique rare où Sam Neill prouve qu’il n’a besoin de personne en face de lui pour tenir un film, juste une tension constante et une présence physique imposante. «A la poursuite d’Octobre Rouge » (1990), de John McTiernan Tenir tête à Sean Connery dans un sous-marin, tel est le défi d’À la poursuite d’Octobre Rouge. Dans ce blockbuster de John McTiernan, Sam Neill joue Vasili Borodin, le second du capitaine Ramius (Sean Connery), un Soviétique qui fait défection aux États-Unis en pleine guerre froide. Le personnage est méthodique, loyal, tout en retenue – et pourtant, c’est lui qui rend le film touchant. Parce que Borodin rêve, entre deux torpilles, d’élever des lapins dans le Montana. Sam Neill incarne le facteur humain, celui qui rappelle que derrière chaque uniforme, il y a un homme avec des désirs modestes. «La leçon de piano » (1993), de Jane Campion Le rôle d’Alisdair Stewart dans La Leçon de piano est peut-être le plus complexe de toute la filmographie de Sam Neill. Un colon du XIXe siècle, rigide et maladroit, qui ne comprend pas le désir de la femme qu’on lui a envoyée d’Écosse. Face à Holly Hunter et Harvey Keitel, Sam Neill compose un personnage à la fois antipathique et profondément vulnérable. Palme d’or à Cannes, La Leçon de piano consacre l’acteur dans le registre du drame intimiste. «L’Antre de la folie » (1994) de John Carpenter Dans le dernier volet de la « trilogie de l’Apocalypse » de Carpenter, L’Antre de la folie, Sam Neill joue John Trent, un enquêteur en assurances missionné pour retrouver un romancier d’horreur disparu. Le voyage le mène aux confins de la réalité elle-même. L’Antre de la folie repose entièrement sur les épaules de Sam Neill, qui rend crédible une lente descente dans la démence. Sous-estimé à sa sortie, le film a depuis acquis un statut de classique de l’horreur lovecraftienne. «L’Antenne » (2000) de Rob Sitch Dans L’antenne, comédie dramatique australienne inspirée de faits réels, Sam Neill incarne Cliff Buxton, le directeur de l’observatoire de Parkes chargé de relayer les images des premiers pas sur la Lune en 1969. Loin des fracas hollywoodiens, L’Antenne est du cinéma tendre, drôle et modeste. Sam Neill y est parfait en homme ordinaire confronté à un moment extraordinaire. Un film qui ressemble à Sam Neill lui-même : discret, intelligent, profondément attachant. Première incursion marquante de Sam Neill dans une série au long cours. Dans Les Tudors, il incarne le cardinal Wolsey, l’homme le plus puissant d’Angleterre après Henri VIII – et peut-être avant lui, tant que le roi ne s’en aperçoit pas. Sam Neill joue Wolsey en politique d’appareil : sourires de façade, manœuvres en coulisse, et une vanité ecclésiastique à peine dissimulée. Fin stratège, il sait que le pouvoir à la cour des Tudor est un jeu à durée limitée. Disons simplement que Sam Neill n’apparaît pas dans la deuxième saison. «Peaky Blinders » (2013-2014) de Steven Knight Dans les deux premières saisons de Peaky Blinders, Sam Neill joue l’inspecteur Chester Campbell, envoyé de Belfast pour écraser le gang des Shelby. Face à Cillian Murphy, Sam Neill impose un antagoniste d’une dureté implacable, mû par une foi puritaine et une ambition dévorante. Dans Peaky Blinders comme au cinéma, Sam Neill savait occuper un rôle avec autorité sans jamais forcer le trait. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPMالمصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes
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