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Droits de douane : en quoi consiste la taxe française sur les géants du numérique qui provoque la colère de Donald Trump ?

سياسة
Le Figaro
2026/06/15 - 12:52 501 مشاهدة
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Droits de douane : en quoi consiste la taxe française sur les géants du numérique qui provoque la colère de Donald Trump ? Par Emma Confrère Le 15 juin 2026 à 14h52 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Donald Trump Gafa taxe Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Le président américain brandit la menace de droits de douane de 100% sur les alcools français si Paris maintient sa taxe sur les géants de la tech. Un bras de fer commercial qui dure déjà depuis plusieurs années. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Le bras de fer franco-américain se poursuit. Ce lundi 15 juin, Donald Trump a averti que les États-Unis «n’auront pas d’autre choix» que d’imposer des droits de douane de 100% sur les vins et spiritueux français si Paris maintient sa taxe sur les géants du numérique. Une nouvelle escalade dans un dossier qui empoisonne les relations commerciales franco-américaines depuis plusieurs années. À découvrir PODCAST - Écoutez le dernier épisode de notre série Questions Tech Au cœur du différend se trouve la fameuse «taxe Gafam», instaurée en France en 2019. Son objectif : faire contribuer davantage les grandes plateformes numériques, dont l’activité dans l’Hexagone génère des revenus importants. Concrètement, cette taxe, d’abord fixée à 3%, s’applique aux revenus tirés de certains services numériques, notamment la publicité ciblée et l’exploitation de données personnelles. Elle vise uniquement les très grands groupes, comme Google, Apple, Meta, Amazon ou encore Microsoft. Elle avait rapporté environ 350 millions d’euros lors de sa première année d’application et son rendement atteint désormais près de 750 millions d’euros par an, selon les chiffres avancés par les pouvoirs publics. Passer la publicité Publicité La France avait choisi de porter cette taxe après l’échec des discussions européennes engagées en 2018. Faute d’accord entre les États membres, Paris avait décidé d’agir seul en juillet 2019, en attendant une solution internationale portée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). À l’époque, la mesure devait être temporaire. Depuis, des taxes similaires ont été adoptées en Autriche, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Portugal ou encore en Espagne. «Une attaque injustifiée» Outre-Atlantique, cette fiscalité est perçue avec méfiance. Washington estime depuis plusieurs années qu’elle cible principalement des entreprises américaines et constitue donc une mesure discriminatoire. Le sujet est particulièrement sensible pour Donald Trump, qui bénéficie du soutien de plusieurs patrons influents de la Silicon Valley. La tension est remontée d’un cran avec la France à l’automne dernier lorsque les députés ont examiné le projet de loi de finances pour 2026. Le député Renaissance Jean-René Cazeneuve avait alors déposé un amendement proposant de faire passer le taux de la taxe de 3 à 15%. L’objectif affiché était de mieux taxer les géants mondiaux du numérique tout en relevant le seuil d’assujettissement de 750 millions à 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires mondial afin d’éviter de toucher certaines entreprises françaises. Selon son auteur, la mesure pouvait rapporter «quelques milliards d’euros». La réaction américaine ne s’est pas fait attendre. Le 27 octobre dernier, la commission des Voies et Moyens de la Chambre des représentants, chargée des questions fiscales, avait dénoncé une «attaque injustifiée contre les entreprises numériques américaines» et brandi des mesures de rétorsion. Les élus républicains avaient affirmé qu’ils ne toléreraient pas que la France impose des taxes jugées discriminatoires. À lire aussi L’éditorial de Philippe Gélie : « Donald Trump et le jeu des apparences » «La tête dans le mur c’est moins bien» Face à ces avertissements, le gouvernement français avait alors tenté de calmer le jeu. À la tribune de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait appelé les députés à la prudence : «Il faut être conscient que quand on rentre dans un match, on rentre dans un match. L’audace, c’est bien, la tête dans le mur, c’est moins bien», notait-il. Passer la publicité Publicité Jean-René Cazeneuve avait finalement retiré son amendement de 15% au profit d’un compromis fixant la taxe à 6%, adoptée par les députés. Le parlementaire avait alors défendu une augmentation «modérée», estimant qu’il s’agissait avant tout d’une question de «justice fiscale». L’exposé de l’amendement souligne que les bénéfices réalisés sur le marché français doivent être imposés en France et que les recettes supplémentaires pourraient contribuer au financement de la souveraineté numérique. Malgré l’abandon du taux de 15%, les tensions n’ont pas disparu. Le 25 novembre, plusieurs élus du Congrès américain ont demandé à Donald Trump d’activer la «section 301» de la législation commerciale américaine, un mécanisme permettant à Washington d’imposer unilatéralement des sanctions commerciales à un pays jugé fautif. Ce n’est pas la première fois que les États-Unis agitent cette menace. Lors de la création de la taxe en 2019, Washington avait déjà ouvert une enquête au titre de cette même procédure. À l’époque, Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, avait répliqué devant le Sénat : «La France est un État souverain, elle décide souverainement de ses dispositions fiscales, et elle continuera.» Les représailles américaines n’avaient finalement jamais été appliquées. Six ans plus tard, le bras de fer continue, avec les producteurs de vins et de spiritueux français encore une fois en première ligne.
المصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro

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