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"Donald Trump pourrait s’en prendre à tout le monde" : le scénario iranien qui inquiète la spécialiste Suzanne Nossel

العالم
L'Express
2026/03/25 - 16:00 502 مشاهدة

Près d’un mois après le lancement de l’opération "Fureur épique", il devient de plus en plus difficile d'entrevoir ce que pourrait constituer une victoire de Donald Trump en Iran, d’autant plus que, ce 25 mars, la télévision d’État iranienne a annoncé que Téhéran avait rejeté la proposition de paix américaine. À l’inverse, Suzanne Nossel s’inquiète surtout du scénario d’un échec. Dans une analyse récente publiée dans Foreign Policy, où elle intervient comme chroniqueuse, cette experte en politique étrangère américaine au Chicago Council on Global Affairs met en garde : "A mesure qu'il (Donald Trump) se retrouve acculé, il devient essentiel d’anticiper sa réaction face à la perspective d’une défaite en Iran et de se préparer à la possibilité que sa réponse rende le conflit encore plus dangereux".

S’appuyant sur les échecs passés du président américain, Suzanne Nossel estime que celui-ci dispose d’un ensemble de stratégies bien établies lorsque la tournure des événements lui est défavorable. Dans un entretien accordé à L’Express, cette spécialiste détaille les risques que de tels comportements pourraient faire peser à la fois sur la sécurité nationale américaine et sur la sécurité internationale s’ils venaient à s’appliquer au conflit iranien.

L’Express : Selon vous, les réactions passées de Donald Trump face à l’échec peuvent éclairer ce qui pourrait se produire au Moyen-Orient. Comment cela pourrait-il se vérifier dans le dossier iranien ?

Suzanne Nossel : Évidemment, il faut voir comment la situation en Iran va évoluer, et le passé ne prédit pas toujours l’avenir. Cela dit, Trump a un mode de fonctionnement assez bien établi lorsqu’il est confronté à l’échec, et il s'est montré à maintes reprises mauvais perdant. Un perdant particulièrement vindicatif. Certains de ses comportements passés sont particulièrement préoccupants dans le contexte iranien. Par exemple, s'en prendre à ses subordonnés et à ceux qu'il croit pouvoir contrôler, menacer de représailles, essayer de leur tordre le bras pour les pousser à agir contre leur meilleur jugement. Si cela devait se produire à l'égard d'officiers militaires, ce pourrait être vraiment dangereux. Cela pourrait fausser leur gestion du champ de bataille, mettre en péril des soldats américains, provoquer une expansion du conflit, et passer outre le jugement d'experts militaires chevronnés qui cherchent à en limiter les excès. C'est une première préoccupation.

Une autre est son habitude de s'entêter dans des stratégies qui échouent. Il lui est très difficile d’admettre qu’une approche ne fonctionne pas. Rappelez-vous que lui et ses alliés ont déposé 62 recours judiciaires pour contester les résultats de l'élection de 2020 ! Or, s'il devait faire de même en Iran et refuser de reconnaître que les frappes aériennes ont peut-être atteint leurs limites, ou que l'éventuel déploiement de troupes au sol ne produit pas les résultats escomptés, cela pourrait provoquer des destructions et des pertes humaines, et mettre en danger des soldats américains de façon bien plus lourde de conséquences que dans sa vie civile. Sa tentative de renverser les résultats de l'élection de 2020 a eu un effet explosif pour l'Amérique, mais dans le contexte iranien, les conséquences toucheraient à la fois la sécurité nationale américaine et la sécurité mondiale.

Le réalisme géopolitique a-t-il encore une prise sur Donald Trump ?

D'une certaine manière oui. Le fait que ces derniers jours, il ait renoncé à sa menace d’attaquer les centrales électriques iraniennes, en affirmant que des négociations étaient en cours et prometteuses — ce que les Iraniens ont démenti — suggère qu’il a au minimum exagéré l’ampleur de ces contacts. C’est en réalité un signe plutôt positif, car cela indique qu’il pourrait vouloir désamorcer la situation. Il commence peut-être à réaliser à quel point la trajectoire actuelle est dangereuse. Et faire marche arrière, retirer cette menace, qui aurait clairement aggravé le conflit. C'était une décision bienvenue. Cela montre qu’il perçoit l’importance des enjeux et qu’il écoute peut-être certaines personnes de son entourage.

Mais, d’un autre côté, on sait qu’il est fortement guidé par son ego. Et si le récit devient celui d'un échec de Trump, un fiasco ayant mis en péril sa présidence, sa crédibilité et sa réputation, alors il est difficile de prévoir quelle serait sa réaction.

En cas d’échec, Donald Trump pourrait, affirmez-vous, rejeter la faute sur l’armée, les alliés, la Chine, la Russie, Israël, les démocrates ou tous à la fois. Il s'en est déjà pris aux "lâches" de l'Otan et déploré leur manque d’implication en Iran. Pourrait-il se retourner contre l’Europe ?

C’est possible. Cela dit, d’un point de vue pratique, on voit à quel point même un niveau limité de coopération européenne est important pour cette opération. Une grande partie de celle-ci est menée depuis des bases américaines en Europe et des points de ravitaillement situés sur des îles européennes. Dès lors, cette coopération - aussi limitée soit-elle - est essentielle. Trump a peut-être compris que l’aide qu’il espérait obtenir, notamment en demandant à certains pays de contribuer avec des navires pour rouvrir le détroit d’Ormuz, a été accueillie avec une certaine froideur en raison des tensions dans les relations. Il pourrait donc finir par en déduire que son approche a affaibli la sécurité des États-Unis ainsi que sa propre marge de manœuvre.

Mais d’un autre côté, comme je vous le disais, Trump est vindicatif. S’il doit justifier un échec, il est capable de s’en prendre à tout le monde. On a déjà vu sa relation avec Keir Starmer se détériorer au cours de la guerre. Il ne parait pas non plus satisfait du chancelier allemand Friedrich Merz. Ainsi, cette hostilité de longue date envers les dirigeants européens pourrait s’intensifier sous l’impulsion de Trump lui-même. Il semble toutefois que son entourage prenne, au moins en partie - et de manière discrète - la mesure de ce que cette guerre a révélé : l’importance de l’alliance entre les États-Unis et l’Europe, même si celle-ci apparaît aujourd’hui fragilisée.

Donald Trump n’a de cesse de souffler le chaud et le froid dans le dossier iranien. S’agit-il d’une stratégie ou d’improvisation ?

En lançant cette opération en Iran, l'administration Trump a décidé d’agir rapidement, en privilégiant ce calendrier plutôt que d’attendre l’été. Et ce faisant, ils n’étaient que partiellement préparés, notamment en termes de moyens déployés dans la région. Selon toute vraisemblance, ils espéraient au moins que les choses iraient très vite et que la frappe initiale de décapitation du leadership provoquerait soit des négociations, soit un soulèvement. Rien de tout cela ne s’est produit. Ils ont eux-mêmes reconnu ne pas avoir anticipé l’ampleur des représailles dans la région, notamment contre les alliés du Golfe. Il est assez clair que plusieurs éléments les ont pris de court et qu’ils doivent improviser en temps réel pour y répondre.

On a également observé une grande hésitation quant à la justification de la guerre : pourquoi ils ont décidé d’intervenir, quels sont les objectifs, ce qui constituerait un succès, et même comment qualifier l’opération. Est-ce une guerre totale ? Une incursion limitée ? Il est évident qu’ils ne sont pas tous d’accord sur le sens de cette opération, pourquoi elle est menée et ce qu’ils peuvent réellement espérer accomplir à ce stade. Certes, un plan sur papier ne permet jamais de prévoir exactement le déroulement d’une guerre. Il y a toujours une part d’improvisation. Mais dans ce cas précis, ils donnent l'impression d'avoir agi dans la précipitation en s'appuyant sur une analogie trompeuse - celle de l’opération au Venezuela - qui les a conduits à penser que ce serait plus facile que cela ne l’était en réalité.

Qu’a réellement accompli l’armée américaine en près d’un mois d’entrée en guerre contre l’Iran ?

Il y a des résultats concrets. D’après la plupart des analyses, les États-Unis ont réussi à neutraliser la marine iranienne, à limiter leurs capacités balistiques et à détruire une grande partie de leurs capacités offensives, même si ce n’est évidemment pas total, puisque les Iraniens continuent de tirer des missiles et d’atteindre des cibles, encore ces derniers jours. Ces capacités auraient été fortement réduites, peut-être de 85 à 90 %, mais les 10 % restants sont toujours actifs. Il semble également que l’Iran adapte son rythme d’attaque et conserve une partie de ses capacités en réserve, compte tenu de la durée du conflit. Ainsi, même si nous ne connaissons pas exactement la situation, il est raisonnable de considérer que ses capacités ont été très considérablement affaiblies.

Mais un point essentiel demeure en suspens : celui des matières nucléaires iraniennes. Nous savons qu’elles sont toujours en circulation, et que tenter d’en prendre le contrôle est une opération extrêmement complexe et risquée. Ce sera un élément clé dans toute négociation, ainsi que dans l’évaluation de ce qu’une opération terrestre pourrait permettre d'accomplir, notamment la capacité à sécuriser ces matières fissiles de manière sûre et efficace.

Si l’opération en Iran vire au fiasco, cela refroidira-t-il les ardeurs de l’administration Trump à Cuba ?

Cela peut évoluer de deux manières. D’un côté, il pourrait tirer la leçon que l’opération rapide et "propre" qu’ils ont réussi à mener à Caracas n’est pas reproductible ailleurs, et que d’autres contextes sont bien plus complexes et enracinés. Cette opération-là était assez unique.

D’un autre côté, si l’Iran est perçu comme un échec, Trump pourrait être encore plus déterminé à passer à autre chose, à construire un nouveau récit, à détourner l’attention et à tenter de remporter une victoire ailleurs, par exemple à Cuba. Donc beaucoup dépendra de l’évaluation de la faisabilité d’un tel scénario et du niveau de risque associé. Si les Cubains semblent à bout de souffle, s’il existe un soutien de l’opposition, et s’il y a des figures modérées au sein du régime en contact avec Washington, l'administration Trump pourrait estimer que le terrain est déjà préparé et que les chances de succès sont élevées. Dans ce cas, on peut imaginer que Trump lance une telle initiative simplement pour "enterrer" l’histoire iranienne et l’insérer entre deux succès, au Venezuela et à Cuba. Mais tout dépendra de l'évaluation des chances de succès.

En cas d'échec en Iran, des têtes pourraient-elles tomber au sein de l’administration Trump ? Cela pourrait-il reconfigurer les rapports de force dans l’entourage du président américain ?

C’est une possibilité. Trump a été très réticent, lors de son second mandat, à l'idée d'évincer des membres du cabinet ou d’autres hauts responsables, après l’avoir fait à de nombreuses reprises durant son premier mandat, ce qui, selon lui, avait contribué au chaos à la Maison-Blanche et parmi ses proches collaborateurs. La seule personne qu’il a écartée jusqu’à présent est la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, après sa gestion désastreuse des opérations de contrôle de l’immigration à Minneapolis.

Concernant l’Iran, il est assez clair que Trump prend lui-même les décisions. C’est lui qui a estimé que les risques étaient suffisamment élevés pour lancer cette opération. Et à chaque étape, ses subordonnés ont été très prudents en présentant toutes les décisions comme venant de lui. Il sera dès lors difficile de faire porter la responsabilité à ses subordonnés. Cela dit, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a perdu beaucoup de crédibilité en raison de son discours belliqueux et de son langage parfois irresponsable, qui paraît valoriser la violence et les effusions de sang, ce qui a rebuté une partie des Américains, des élus et des alliés. C’est un point de fragilité. Mais j’ai le sentiment que Trump apprécie ce ton dur, et que Hegseth ne s’exprimerait pas ainsi sans penser que le président l’approuve. Je ne vois donc pas comment Trump pourrait lui faire porter la responsabilité.

Ce qui est intéressant, en revanche, c’est que J.D. Vance s’est assez clairement distancié de l’opération. Il n’en a pas été un défenseur, et il est de notoriété publique qu’il y était opposé. Donc la question est : que deviendra sa position en fonction de l’issue du conflit ? Le président lui reprochera-t-il de ne pas avoir été pleinement aligné ? Ou au contraire en sortira-t-il renforcé pour avoir fait preuve de sang-froid et de jugement, en soulignant les risques d’une opération qui, pour l’instant, ne semble pas produire les résultats espérés ? La question reste ouverte.

Joe Kent, jusqu'alors directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, est devenu le premier haut responsable de l’administration Trump à démissionner en raison de la guerre en Iran. Cela marque-t-il un tournant ?

Je ne pense pas. Il est perçu comme une figure assez marginale, qui s’est discréditée de diverses manières au fil du temps, et comme quelqu’un tenant des propos complotistes et parfois haineux. Il s’est également contredit, après avoir précédemment affirmé lors de ses auditions de confirmation devant le Sénat que l’Iran représentait une menace sérieuse.

Il y a toujours au sein des administrations de droite ou de gauche des figures qui font défection et critiquent certaines politiques, ce n’est pas exceptionnel. Et pour l’instant, rien n’indique que cela entraînera une vague plus large de défections ou de prises de position similaires.

Ce 23 mars, le président américain a affirmé que son administration s'entretenait avec un "haut dirigeant" iranien non identifié pour mettre fin à la guerre, ce que les Iraniens ont démenti. Et ce mercredi, Téhéran a refusé la proposition de paix de Donald Trump. Le scénario d’un accord américano-iranien est-il crédible ?

C’est possible. Mais il n’est pas dans l’intérêt des Iraniens de montrer publiquement qu’ils font des concessions. Ils disposent actuellement d’un levier important et cherchent sans doute à le préserver à la table des négociations afin d’obtenir les conditions les plus favorables possible. D’un autre côté, ces parties négocient depuis des années sans parvenir à un accord. L’idéologie et la dimension religieuse du régime iranien jouent un rôle important, de sorte que la rationalité telle que nous la concevons, et le pragmatisme, ne prévalent pas nécessairement.

Par ailleurs, l’Iran a sans doute été renforcé par sa capacité non seulement à résister aux actions des États-Unis et d’Israël, mais aussi à riposter, à peser sur les prix mondiaux du pétrole et à contourner en partie les sanctions, en étant aujourd’hui plus à même de vendre son pétrole qu’il ne l’a été depuis des années. Par conséquent, si des négociations ont lieu à ce stade, le régime iranien cherchera à obtenir un accord très avantageux. Une partie dépendra aussi de l’évaluation de l’administration Trump quant aux conséquences d’une escalade supplémentaire, notamment l’envoi de troupes au sol. On peut espérer qu’il écoute les militaires sur les chances de succès et les risques associés. Un accord négocié reste possible, mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il est à portée de main, d'autant que le niveau de confiance entre les deux parties est proche de zéro.

Comment voyez-vous la suite du conflit ?

Il est difficile d’être optimiste à ce stade. Il y a de nombreuses variables en jeu et des pressions contradictoires. Un élément important concerne les acteurs régionaux, qui, à ce stade, sont inquiets face à un Iran affaibli et vindicatif, mais toujours fondamentalement intact.

Une pression s’exerce désormais sur l’administration Trump de la part de certains alliés, notamment l’Arabie saoudite, pour aller plus loin et s’assurer que l’Iran soit durablement affaibli et ne représente plus une puissance régionale comme auparavant. Cette pression est en concurrence avec d’autres considérations : ces pays accepteront-ils réellement de participer à l’opération ? Leur engagement pourrait lui apporter davantage de crédibilité, de légitimité et de capacités, mais aussi la prolonger et en accroître les risques...

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