Des magistrats traitent une mère de «psychologue bobo» ayant «surréagi» dans un jugement, Darmanin fustige des «faits d’une extrême gravité»
Des magistrats traitent une mère de «psychologue bobo» ayant «surréagi» dans un jugement, Darmanin fustige des «faits d’une extrême gravité» Par Le Figaro avec AFP Le 19 juin 2026 à 20h25 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets justice magistrats Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Une mère qui avait porté plainte pour une agression sexuelle sur son enfant demande une sanction des magistrats du tribunal de Bobigny. LUDOVIC MARIN / AFP Une enquête administrative a été ordonnée après la plainte déposée devant le Conseil supérieur de la magistrature, consécutive à des propos visant une mère plaignante dans une affaire d’agression sexuelle sur mineur. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Le ministre de la Justice a ordonné vendredi une enquête administrative sur la rédaction des termes d'un jugement au tribunal de Bobigny, qui traitait de «psychologue bobo» ayant «surréagi» une mère ayant porté plainte pour une agression sexuelle sur son enfant. Gérald Darmanin a estimé qu'il s'agissait de «faits d'une extrême gravité et totalement contraires à la déontologie et au devoir de délicatesse des magistrats». Il a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative, «afin de proposer des sanctions au Conseil supérieur de la magistrature» (CSM), l'organe disciplinaire de la profession. Il réagissait à l'annonce d'une plainte devant le CSM par la mère, qui a dénoncé «un jugement de valeur teinté de malveillance et de partialité à son égard, doublé d'une incohérence sur le fond». Dans cette affaire, le baby-sitter de l'enfant avait été relaxé, a indiqué à l'AFP l'avocat de la famille, Me Paul Jouty, notamment car le «recueil de la parole n'a pas été fait de manière spécifique». Lors du rendu du jugement, les magistrats avaient néanmoins expliqué qu'ils «croyaient» l'enfant de sept ans. Passer la publicité Publicité Huit mois plus tard, l'avocat reçoit le jugement et tombe, stupéfait, «sur une motivation absurde et presque injurieuse». Voici ce qu'on y lit, faute d'orthographe incluse: «On peut également imaginer que sa mère, psychologue et bobo, d'ailleurs plus bohème que bourgeoise, avait surréagi et entraîner son fils dans un délire de victimisation de violences sexuelles, biaisant ses déclarations par sa réaction et son insistance, celle-ci ayant indiqué en outre à l'audience lui avoir fait faire des séances d'EMDR recommandées en cas de stress post-traumatique, séances inadaptées par rapport aux faits (Nan, j'déconne même si c'est en partie vrai)». «Insupportable» Pour l'avocat, «c'est invraisemblable. C'est une “connerie”, un projet de jugement qui n'a pas été relu». «Le fait qu'il s'agisse probablement d'une blague - d'un goût douteux - à destination d'un collègue qui n'ait pas été expurgée du jugement définitif ne me semble pas atténuer la responsabilité du magistrat en cause, bien au contraire, puisque cela révèle au surplus un manque de rigueur professionnelle», peut-on lire dans la plainte présentée par la mère devant le CSM, dont l'AFP a eu copie. Auprès de l'AFP, la présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair-Rabinovitch, a déploré vendredi matin un fait «insupportable». «Les mesures internes sont en ordre de marche. En ordre de marche auprès de celui qui a laissé passer et de celui qui a rédigé, bien sûr. Ça n'est pas possible», a-t-elle déclaré, en se disant disposée à recevoir la famille. «Ils sont sensibles à cette démarche», a ensuite réagi l'avocat. «Les usagers, les plaignants, les parties civiles et les victimes méritent tout le respect du service public de la Justice», a écrit de son côté le garde des Sceaux sur X, disant «avoir échangé avec les chefs de cour et de juridiction». Le débat sur la responsabilité des magistrats a ressurgi de manière dramatique après la mort de Lyhanna, le principal suspect ayant fait l'objet de plusieurs plaintes pour viols sur mineures sans jamais avoir été inquiété. Les conclusions d'une enquête administrative doivent être rendues lundi.المصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro
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