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Défenses iraniennes, bases américaines, installation de production d’eau potable... Le bilan des frappes entre les États-Unis et l’Iran

سياسة
Le Figaro
2026/06/11 - 11:14 502 مشاهدة
Défenses iraniennes, bases américaines, installation de production d’eau potable... Le bilan des frappes entre les États-Unis et l’Iran Par Victor Mérat Le 11 juin 2026 à 13h14 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Iran États-Unis Moyen-Orient Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Capture d’image extraite d’une vidéo diffusée par le Commandement central des États-Unis le 11 juin 2026, montrant ce que l’armée présente comme des frappes visant «les capacités de surveillance militaire iraniennes, les systèmes de communication et les sites de défense aérienne». HANDOUT / AFP Après 100 jours de guerre et l’entrée en vigueur début avril d’un fragile cessez-le-feu, le conflit entre Washington et Téhéran regagne en intensité, alors que les négociations tardent à accoucher d’un accord. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Après plusieurs semaines d’un fragile cessez-le-feu, la guerre entre les États-Unis et l’Iran regagne en intensité. Dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 juin, Washington a repris ses frappes contre la République islamique à la suite des mises en garde de Donald Trump qui accuse le régime de se «moquer» de son pays. Vers une heure du matin, heure de Téhéran, l’armée américaine a annoncé avoir lancé de nouvelles salves «en légitime défense contre plusieurs cibles» en «riposte à l’ingression injustifiée et persistante de l’Iran». À découvrir EN DIRECT - Guerre au Moyen-Orient : l’Iran, à nouveau bombardé par les États-Unis, riposte et promet de refermer le détroit d’Ormuz PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International La nuit de mardi à mercredi avait déjà été le théâtre d’une montée des tensions entre les deux parties. Les États-Unis ont mené des «frappes d’autodéfenses proportionnées» après qu’un hélicoptère de combat Apache américain a été abattu par Téhéran mardi matin, a affirmé Donald Trump. Une riposte qui a entraîné des représailles iraniennes contre des bases militaires américaines en Jordanie, au Koweït et au Bahreïn. Quelques heures plus tôt, le président des États-Unis assurait pourtant que son équipe de diplomates était dans les «derniers efforts» en vue de la conclusion d’un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit commencé le 28 février. Passer la publicité Publicité Une installation de production d’eau potable ciblée Cette nuit, donc, les frappes américaines ont visé des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol, des systèmes de communication et des sites de radars de surveillance. Ces frappes ont mobilisé les Marines, l’armée de l’air et la marine, a précisé le Centcom, responsable des opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, sur X. Des explosions ont été entendues sur l’île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas, sur la côte sud du pays, près du détroit d’Ormuz, ont rapporté plusieurs médias iraniens. Des régions déjà ciblées entre mardi et mercredi. Quelques instants plus tôt, le président américain s’était également dit prêt à mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens, dans une déclaration à la presse depuis le Bureau ovale. Avant d’affirmer à Fox News que des avions de chasse américains opéraient au-dessus du ciel iranien. Aucune source n’estime le nombre de missiles tirés par Washington entre le 8 et le 11 juin. Mais l’intensité des frappes demeure faible par rapport aux seize premiers jours du conflit pendant lesquels environ 11.000 missiles avaient été tirés par les États-Unis, Israël et leurs alliés régionaux. La veille, selon des images et des vidéos satellites analysées par le New York Times, des frappes aériennes américaines «menées très tôt» mercredi «ont détruit ce qui semble être une installation de production d’eau potable sur la côte sud de l’Iran». «Une image satellite commerciale du matin du 9 juin montre deux petits ouvrages hydrauliques dans le village de Bemani. Tous deux sont équipés de canalisations bleu clair, caractéristiques des infrastructures de distribution d’eau, tout comme leur emplacement : sur une colline en dehors d’une zone habitée. Ces bâtiments correspondent à la description des deux réservoirs de stockage que le directeur provincial de l’autorité des eaux a déclaré avoir été détruits», explique le quotidien, qui ignore si l’armée américaine a «intentionnellement» ciblé ces installations ou même si elle connaissait le contenu des bâtiments. «Le ciblage délibéré d’infrastructures civiles pourrait constituer un crime de guerre au regard du droit international», précise le New York Times. Dans des vidéos publiées hier matin par les médias officiels iraniens, il est possible de voir ce qui est présenté comme le toit effondré de l’un des bâtiments. À partir de ces images, les chercheurs du portail Open Source Munitions Portal ont identifié des fragments de GBU-39, une bombe guidée américaine. Des ripostes régionales de l’Iran De son côté, Téhéran a affirmé dans la nuit de mercredi à jeudi que tout navire transitant par le détroit d’Ormuz, par lequel transite 25% du trafic mondial de pétrole en temps de paix, «sera pris pour cible». Quelques instants après cette déclaration, la marine iranienne a annoncé avoir touché deux navires qui naviguaient dans ce bras de mer large d’une cinquantaine de kilomètres à son point le plus étroit. Au même moment, l’armée américaine dément l’affirmation iranienne selon laquelle le détroit est fermé. Ce jeudi midi, l’Iran a, à nouveau, annoncé la fermeture totale du détroit «jusqu’à nouvel ordre». Dans sa riposte, Téhéran, via des médias officiels, affirme dans la nuit de jeudi avoir attaqué le quartier général de la 5e flotte des États-Unis. Des attaques menées à l’aide de drones ont également visé des antennes de communication ainsi que des radars du système antimissile Patriot, ont indiqué les agences Fars et Mehr. Au même moment, les Gardiens de la Révolution annoncent frapper des bases au Koweït et à Bahreïn. «Au cours de deux vagues d’opérations, dix-huit cibles importantes appartenant à l’armée américaine ont été touchées» sur les bases d’Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber, au Koweït - contraint de fermer son espace aérien dans la nuit - et la base aérienne de Sheikh Isa, à Bahreïn, affirment-ils. Quelques heures plus tard, l’armée idéologique du régime annonce avoir tiré des missiles balistiques sur un centre de commandement américain en Jordanie, «la base aérienne d’Al-Azraq et son centre de contrôle», à l’aide de 12 missiles balistiques. «Un grand nombre d’avions de combat» auraient été détruits. Vers neuf heures ce jeudi, l’armée jordanienne dresse le bilan : vingt missiles tirés d’Iran ont été interceptés. Passer la publicité Publicité De quels stocks de munitions disposent les États-Unis ? Cette probable reprise des hostilités remet sur le devant de la scène le sujet des stocks de munitions dont disposent les États-Unis. Dans une note publiée le 21 avril, soit la veille de la prolongation sine die du cessez-le-feu prononcé le 8 avril, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) estimait que Washington avait «largement» utilisé sept types de munitions offensives et défensives clés, entre le 28 février et le début du mois d’avril. Parmi ces munitions figurent les systèmes antimissiles THAAD, une batterie de défense antiaérienne qui agit comme un bouclier contre les missiles balistiques de courte (moins de 1000 km) et moyenne (entre 1000 et 3000 km) portée notamment, dont les stocks ont été entamés à plus de la moitié (au moins 53%), selon les estimations. Mais aussi les intercepteurs Patriot (taux d’attrition estimé entre 45% et 61%) des missiles sol-air à moyenne portée, ainsi que les SM-3 (32%-61%), utilisés dans la lutte maritime antibalistique, et les SM-6 (16%-32%). Pour quatre de ces sept munitions répertoriées, Washington a probablement consommé plus de la moitié des stocks disponibles depuis le 28 février. «Reconstituer les stocks de ces sept munitions aux niveaux d’avant-guerre prendra entre un et quatre ans, au fur et à mesure de la livraison des missiles en cours de production», estime le CSIS. Si les experts estiment que les États-Unis disposent de stocks suffisants pour continuer la guerre contre l’Iran, c’est en raison de la baisse «spectaculaire» de leur utilisation depuis le 28 février. Cependant, note le CSIS, de nombreux stocks de munitions qui peuvent être utilisées comme des alternatives demeurent à des niveaux «suffisants».
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